Terrorisme 

Attentats de Paris: un djihadiste français s’ajoute à la liste des suspects 

Des arrestations ont eu lieu en Belgique, et un djihadiste français s'ajoute à la liste des suspects. Le point sur l'enquête, plus d'un mois après les attentats de Paris

C’est une enquête tentaculaire. Plus d’un mois après les attentats de Paris, qui ont fait 130 morts et des centaines de blessés, le parcours et l’implication des terroristes se précisent. Les éventuelles complicités, dont ils auraient pu bénéficier, se dessinent aussi progressivement.

Cinq personnes ont été interpellées autour de Bruxelles depuis dimanche soir, a annoncé le parquet fédéral belge ce lundi 21 décembre. Le point sur les nouveaux éléments de l’enquête.

Cinq personnes interpellées à Bruxelles en 48 heures

L’enquête belge se poursuit. Les autorités du pays ont interpellé cinq hommes lors de deux perquisitions distinctes menées entre dimanche et lundi 21 décembre, dans le cadre de l’enquête fédérale liée aux attentats de Paris. Lors d’une longue perquisition menée dimanche soir près de Molenbeek-Saint-Jean, les forces de police ont arrêté deux frères. Un troisième individu a été «privé de liberté» en même temps. Il est décrit par le parquet comme un de leur «ami».

Lundi matin, une autre perquisition a eu lieu, à Laeken, également dans l’agglomération bruxelloise, au cours de laquelle «deux personnes ont été privées de liberté». La justice belge a libéré en fin de journée les cinq personnes qui avaient été interpellées. «Le juge d'instruction de Bruxelles, spécialisé en matière de terrorisme, a libéré les cinq personnes qui avaient été privées de liberté hier soir et ce matin, après avoir été entendues par la police judiciaire fédérale», a-t-il indiqué dans un communiqué, qui précise que l'enquête «se poursuit sans désemparer». Au total, les autorités belges ont inculpé et écroué huit personnes soupçonnées d’avoir apporté une aide aux auteurs des attentats de Paris.

Coups de téléphone vers la Belgique

Les djihadistes qui ont frappé Paris auraient en effet bénéficié de soutiens. Ils ont tenté de joindre quatre numéros belges le soir des attentats. Les enquêteurs avaient trouvé un téléphone portable dans une poubelle, à proximité du Bataclan. Dans la messagerie, ils ont trouvé un SMS envoyé à destination de la Belgique indiquant: «On est partis, on commence».

Le commando des terrasses de cafés a émis des appels vers un autre numéro belge. Un troisième numéro a également été appelé par un complice d’Abdelhamid Abaaoud. Le logeur de Saint-Denis, Jawad Bendaoud, qui s’étonnait de la présence de terroristes présumés à son domicile, a lui aussi appelé vers la Belgique, vers Charleroi, dix jours après les attentats. Pour l’instant, les enquêteurs n’ont pas réussi à identifier les destinataires de ces différents appels. Jawad Bendaoud, lui, a été mis en examen et incarcéré.

Un djihadiste français s’ajoute à la liste des suspects

Un nouveau nom vient s’ajouter à la liste des suspects: Charaffe El-Mouadan, également appelé «Souleymane». Selon des informations publiées par «Le Parisien» lundi, ce Français de 27 ans est susceptible d’être impliqué dans les attaques qui ont frappé la capitale française. Son nom aurait été mentionné par les tueurs de la salle de spectacle du Bataclan le soir du drame, selon le témoignage d’un rescapé recueilli par les services de renseignement français.

Il serait «un ami d’enfance» de Samy Amimour, l’un des trois kamikazes du Bataclan. Les deux hommes ont grandi dans le même quartier à Drancy, en Seine-Saint-Denis. Charaffe El-Mouadan aurait rallié les rangs de l’Etat islamique en Syrie à la fin de l’été 2013, indique Le Parisien.


Interactif. Ces terroristes qui ont frappé Paris


Salah Abdeslam et Mohammed Abrini toujours en fuite

Les forces de police traquent toujours deux hommes faisant chacun l’objet d’un mandat d’arrêt international. Salah Abdeslam, l’un des assaillants du 13 novembre, est toujours en fuite. Il est soupçonné d’avoir eu au moins un rôle logistique dans les attaques. Dimanche, une source proche de l’enquête en Belgique a confirmé qu’il avait passé trois contrôles de police en France avant de regagner la Belgique après les attaques meurtrières. Il est introuvable depuis.

Autre individu activement recherché: Mohammed Abrini. Âgé de 30 ans, l’homme a été filmé par des caméras de vidéosurveillance dans une station-service de l’Oise deux jours avant les attentats. Il était accompagné de Salah Abdeslam. Egalement originaire de Molenbeek, en Belgique, il est soupçonné d’être l’artificier qui a confectionné les ceintures d’explosifs portées par les terroristes.

Trois terroristes restent à identifier

Au total, neuf assaillants ont agi à différents endroits de la capitale française. Six d’entre eux ont été identifiés par les enquêteurs. L’identité des trois autres reste donc encore à déterminer. Il s’agit de deux des trois kamikazes du Stade de France et de l’homme qui s’est fait exploser lors de l’assaut du RAID à Saint-Denis, au nord de Paris, le mercredi qui a suivi les attentats.

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