Reproduit sur des dizaines de milliers d’affiches, de tee-shirts, de sacs ou de tasses à café ou de sacs, le portrait intitulé Hope (espoir), montrant Barack Obama regardant au loin vers l’horizon, symbole d’un futur ouvert et plein de promesses, était devenu l’emblème de ses partisans durant la campagne présidentielle de l’an dernier. Il a même été jugé un des éléments essentiels de la communication politique de l’actuel président américain par toute une partie de la presse américaine, et a finalement été acheté par le Smithsonian de Washington. Pourquoi ne pas tenter au niveau international ce qui avait si bien réussi dans un pays ?

C’est dans cet esprit que le Human Rights Action Center, basé à Washington, a contacté Shepard Fairey, un des plus célèbres graphistes du street art actuels, qui a peint une Aung San Suu Kyi souriante, encadrée de rayons de lumière rouges et jaunes, avec une colombe au-dessus du cœur. La phrase «Freedom to lead » («Libre de mener») est écrite au-dessus de son visage. Une image radieuse qui tranche avec les photos récentes de l’opposante birmane qui la montrent amaigrie et fatiguée, après avoir passé plus de 13 des 19 dernières années en résidence surveillée.

«Selon moi, les gens sont touchés par l’art quand (une œuvre) est à la fois puissante, qu’elle donne à réfléchir et qu’elle est belle», a confié à l’AFP l’artiste de 39 ans qui vit à Los Angeles. «Même si ce portrait n’a pas autant d’impact que l’image d’Obama, je crois qu’il peut servir à susciter plus d’intérêt» pour la prix Nobel de la paix. .

Un réseau américain de socialisation, Causecast, distribue le portrait d’Aung San Suu Kyi sur internet et espère qu’il sera aussi diffusé sur Facebook et Twitter. L’image sera aussi affichée lors de concerts organisés aux Etats-Unis à l’automne pour exiger la libération de l’opposante birmane. Porté par le même élan, le groupe irlandais U2 avait créé le morceau «Walk On» en 2001 en hommage à Aung San Suu Kyi.

Le procès de l’opposante a repris aujourd’hui à Rangoon, après une interruption d’une semaine à l’occasion de la visite en Birmanie du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon. Celui-ci n’a pas réussi à rencontrer Aung San Suu Kyi lors de sa visite, et s’était dit «profondément déçu».