«La date du verdict a été ajournée au 11 août. La raison invoquée par les juges est qu’ils doivent réexaminer le dossier», a déclaré un diplomate qui assistait à la brève audience à la prison d’Insein (nord de Rangoun). Plus tôt dans la matinée, la sécurité avait été renforcée aux abords de la prison où Mme Suu Kyi est incarcérée depuis le 14 mai et jugée depuis le 18 mai.

La lauréate du prix Nobel de la paix 1991 risque jusqu’à cinq années d’emprisonnement. Cela l’écarterait de facto du paysage politique pendant les élections controversées que la junte entend organiser en 2010.

La «Dame» de Rangoun est accusée d’avoir hébergé les 4 et 5 mai un Américain de 53 ans, John Yettaw. Il avait, dans des circonstances mystérieuses, réussi à gagner à la nage sa demeure, située au bord du lac Inya, à Rangoun.

Les chancelleries occidentales ont qualifié le procès de «farce» visant à justifier son maintien en détention. La période d’assignation à résidence de Mme Suu Kyi expirait théoriquement le 27 mai et nombre d’observateurs ont estimé qu’avec ce procès, la junte avait trouvé un prétexte pour prolonger sa détention.

Les Etats-Unis, qui viennent de renouveler pour trois ans leurs sanctions commerciales contre la Birmanie, ont à nouveau appelé jeudi les militaires au pouvoir à libérer le seul prix Nobel de la paix à être privé de liberté dans le monde.

Face aux appels de la communauté internationale en faveur d’une libération de Mme Suu Kyi, la junte a incité «les pays étrangers (à) s’abstenir d’interférer dans les affaires intérieures de la Birmanie».

L’icône mondiale du combat démocratique a passé 13 des 19 dernières années en résidence surveillée, depuis que la junte militaire, au pouvoir depuis 1962, a refusé d’admettre sa victoire aux dernières élections organisées en Birmanie, en 1990. La junte s’emploie depuis près de 20 ans à museler l’opposante, dont elle redoute la popularité toujours grande.