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En Autriche, un nouveau gouvernement très à droite

Après deux mois de négociations, le gouvernement autrichien est enfin connu. Il sera investi ce lundi. Sebastian Kurz, 31 ans, va devenir chancelier et par là le plus jeune dirigeant du monde. Dans son gouvernement, le FPÖ, parti d’extrême droite, obtient des postes clés

Sebastian Kurz a atteint son but: après deux mois de négociations avec le FPÖ, le parti d’extrême droite autrichien, le chef des conservateurs (ÖVP), arrivé en tête des élections législatives du 15 octobre dernier, a formé son gouvernement avant Noël, comme il s’y était engagé.

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Au sein de ce nouveau gouvernement, la répartition des tâches est clairement affirmée: aux conservateurs reviennent les questions économiques, à l’extrême droite les questions de sécurité. L’ÖVP obtient 8 ministères: les Finances, l’Economie, l’Education ou encore la Justice. Le FPÖ obtient lui 6 portefeuilles, en plus du poste de vice-chancelier de son leader Heinz-Christian Strache. Et notamment le Ministère de l’intérieur – qui avait échappé au FPÖ en 2000, la dernière fois que le parti était entré au gouvernement, déjà aux côtés de l’ÖVP –, celui de la Défense ou encore celui des Affaires étrangères, expurgé toutefois de la politique européenne. Sebastian Kurz a exigé que les questions concernant l’Union européenne soient de son ressort.

Reste que le FPÖ dirigera à la fois les militaires, les services secrets et la police. Une concentration de pouvoirs qui inquiète l’opposition, notamment le Parti social-démocrate, arrivé deuxième, devant le FPÖ, lors des élections législatives du 15 octobre dernier. Le porte-parole des Verts, Werner Kogler, considère même que ces nominations «ouvrent la voie à un Etat de surveillance».

Autre point critiqué par l’opposition: la nomination de Herbert Kickl comme ministre de l’Intérieur et de Mario Kunasek à la Défense. Tous deux sont des figures controversées du FPÖ, jugées extrêmes. L’opposition a lancé un appel à Alexander Van der Bellen, le président autrichien, qui a un droit de regard sur la composition du gouvernement.

Un programme très conservateur

L’accord de gouvernement porte «sur les cinq années à venir», a précisé Sebastian Kurz, le futur chancelier. Fruit de deux mois de négociations, cette feuille de route est très conservatrice. Sur la question migratoire d’abord: le FPÖ et l’ÖVP souhaitent réduire l’aide financière à laquelle les réfugiés ont droit et les réfugiés ne pourront à l’avenir demander la nationalité autrichienne qu’après dix ans de présence dans le pays, contre six actuellement.

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Autre point d’accord: la sécurité. Outre la création de nouveaux postes dans la police, le FPÖ et l’ÖVP veulent accentuer la lutte contre le terrorisme, en faisant appel à la vidéosurveillance notamment. Plusieurs autres mesures envisagées par les deux partis font beaucoup parler d’elles depuis plusieurs jours: l’autorisation des journées de travail de douze heures, mais surtout l’annulation d’une réforme, votée sous le précédent gouvernement, qui visait à interdire la cigarette dans les restaurants.

Point de dissension

Il y a tout de même un point de discorde entre les deux partis. Il concerne la démocratie directe. Le FPÖ veut s’inspirer du modèle suisse. Le parti souhaitait l’organisation de consultations populaires lorsque au moins 4% des citoyens autrichiens, soit environ 250 000 personnes, le réclament. Sebastian Kurz, lui, voulait que ce système de votation ne soit possible que lorsque 10% des citoyens autrichiens le demandent, soit 640 000 personnes environ.

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Le débat n’est pas anodin car, en filigrane, il pourrait introduire la question de l’appartenance de l’Autriche à l’Union européenne. Et l’ÖVP y est opposé. Voilà pourquoi il a été décidé dans les dernières heures des négociations non seulement que la question européenne serait exclue de ce système de votation populaire, mais aussi que le seuil serait fixé à 900 000 citoyens autrichiens. Bien plus donc que ce que souhaitaient initialement les deux partis.

Reste que la question européenne sera évidemment importante dans les mois à venir, le FPÖ voulant se rapprocher du groupe de Visegrad – groupement de pays eurosceptiques, qui rassemble la Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie –, l’ÖVP se disant, lui, clairement pro-européen. D’autant que l’Autriche présidera le Conseil de l’Union européenne de juillet à décembre 2018.

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