Europe

Autriche: une défaite des europhobes

La victoire d’Alexander Van der Bellen est celle des défenseurs d’une Autriche européenne

Après le vote du Brexit et la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis, l’écologiste Alexander Van der Bellen semblait à contre-courant d’un moment historique qui voit un peu partout les droites nationalistes l’emporter. C’était oublier un peu vite que le combat entre les forces du repli identitaire et les tenants d’une ouverture au monde est loin d’être joué.

Le succès de l’économiste de 72 ans s’explique principalement par deux raisons: faire barrage à un candidat issu d’une formation extrémiste qui n’a encore qu’imparfaitement réalisé sa mue en un parti dans lequel une majorité d’Autrichiens peut se reconnaître d’une part; réaffirmer l’ancrage européen du pays d’autre part.

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Forte mobilisation de l’électorat

Alors que le poste de président n’est pas déterminant en Autriche, la forte mobilisation de l’électorat prouve l’importance de ces deux enjeux. Les Autrichiens étaient par ailleurs conscients de la portée symbolique de cette élection pour l’ensemble du continent. La victoire de Norbert Hofer aurait aussitôt été célébrée comme la normalisation d’une extrême droite de pouvoir, y compris en Europe occidentale.

Le sursaut des Autrichiens – Hofer semblait légèrement en avance dans les derniers sondages – est une bonne nouvelle pour l’Europe. Mais le camp des proeuropéens aurait tort d’y voir un retournement de tendance. Bientôt, les Autrichiens reprendront le chemin des urnes pour des législatives et le renouvellement du gouvernement. Le Parti de la liberté pourrait bien en sortir comme le grand vainqueur.

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