Déconfiner le plus vite possible. Lors de ses points presse quotidiens sur le Covid-19 à la Maison-Blanche, Donald Trump n’a pas masqué son impatience. Il tablait sur de bons résultats économiques pour favoriser ses chances de réélection, le voilà qui doit faire face à une explosion du nombre de chômeurs et à des entreprises qui font faillite. Pour lui, relancer l’activité économique est vital. Même si les Etats-Unis ont battu, mercredi, le triste record de décès en une seule journée: 2569.

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«Des milliers de suicides»

Le 24 mars déjà, Donald Trump relevait qu’un confinement prolongé pouvait «détruire» le pays. «On perd des milliers de personnes chaque année à cause de la grippe, et on ne met pas le pays à l’arrêt», soulignait-il. Et: «On risque de perdre plus de personnes en plongeant le pays dans une récession grave ou une dépression. Il y aura peut-être des milliers de suicides.» Il espérait rouvrir le pays avant le 12 avril, pour Pâques. Les scientifiques qui le conseillent ont fini par le convaincre qu’une réouverture trop rapide du pays pourrait être dramatique.

Aujourd’hui, l’Etat de New York, principal foyer de la pandémie, enregistre une baisse des nouveaux cas d’hospitalisation. Lundi, lors d’une étonnante prestation devant les médias, l’hôte de la Maison-Blanche a assuré pouvoir forcer les Etats américains à mettre fin au confinement pour relancer l’économie, le président ayant à ses yeux une autorité «totale». Sauf que c’est faux. Andrew Cuomo, le gouverneur démocrate de New York, l’a très vite rappelé. Il a qualifié ses propos d’«absurdes», de contraires à la Constitution, et s’est dit prêt à désobéir, les Etats-Unis n’ayant pas de «roi». Des républicains ont également manifesté leur incompréhension. Donald Trump s’est ensuite un peu ravisé. Il a affirmé qu’il allait «discuter» avec les gouverneurs. «Certains Etats pourraient ouvrir le 1er mai», a-t-il assuré mercredi, la veille de présentation de sa feuille de route.

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Guerre de communication

Dans les faits, Donald Trump n’a jamais ordonné de confinement généralisé, mais juste émis des recommandations. Ce sont les gouverneurs qui ont décidé de prendre des mesures au niveau de leur Etat, c’est à eux également que reviendra le choix d’ordonner un déconfinement progressif, en établissant leur propre calendrier. Le président n’est pas en mesure de contraindre un Etat à abandonner des mesures sanitaires.

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Mais rien n’est simple. Et c’est à une véritable guerre de communication que se livrent le président et les responsables des 50 Etats. Certains gouverneurs se sentent plus «redevables» que d’autres, parce qu’ils ont obtenu des respirateurs artificiels ou d’autres aides de Washington. D’autres s’allient pour adopter des mesures concertées. Et puis à New York par exemple, les tensions sont fortes entre le gouverneur et le maire de la métropole, Bill de Blasio. Ce dernier vient d’indiquer que les écoles de sa ville resteront a priori fermées jusqu’aux vacances d’été, une décision très vite remise en question par Andrew Cuomo, pour lequel la décision doit être prise au niveau de l’Etat.