On aura tout vu dans cette campagne présidentielle. Des attaques verbales d’une violence inouïe, un candidat assurant qu’il mettra sa rivale en prison s’il est élu président, un patron du FBI soupçonné d’ouvrir une enquête contre Hillary Clinton quelques jours avant le jour J pour favoriser Donald Trump, Barack Obama qui se moque du milliardaire dont l’équipe a pris le compte Twitter en otage pour éviter tout dérapage de dernière minute…

Une campagne avec des coups bas, des coups tordus, des coups de canif dans les codes de la décence. Et surtout une course très serrée entre deux candidats que tout oppose.

Un suspense jusqu’au bout

Dans quelques heures, les Américains connaîtront leur nouveau président. Hillary Clinton et Donald Trump sont au coude à coude dans plusieurs Etats-clés; les résultats de la Floride pourraient se révéler déterminants. Et même si la démocrate, désormais totalement blanchie dans l’affaire des e-mails privés, prend de l’avance dans les derniers sondages, le suspense aura duré jusqu’au bout.

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Bruce Springsteen et Lady Gaga en renfort

Entourée de Lady Gaga, de Bruce Springsteen et de Jon Bon Jovi, Hillary Clinton appelait encore lundi soir à la mobilisation, dans une dernière tentative de convaincre les indécis. Et de grappiller des voix à son adversaire. «Je veux être la présidente de tous les Américains, démocrates, républicains», a-t-elle déclaré, qualifiant au passage Donald Trump de «danger public».

Elle avait à ses côtés sa famille et le couple Obama, symbole d’unité. Barack Obama, très en forme, a harangué la foule en lançant: «Je parie que mardi vous allez rejeter la peur et choisir l’espoir.» Dans la matinée, la bourse de New York avait connu un bond dès que le FBI a fait savoir qu’il n’avait pas de quoi poursuivre Hillary Clinton pour avoir imprudemment recouru à sa messagerie privée alors qu’elle était Secrétaire d’Etat.

Une Amérique en colère

Donald Trump a poursuivi dans le registre du «tous corrompus» lors de ses cinq derniers meetings. Sans star alibi. Mais avec le Secret Service sur les dents en ces derniers jours de frénésie. L’élection du populiste, ouvertement raciste et sexiste, et qui se targue de ne pas être un politicien, créerait un séisme politique majeur. Le phénomène Trump est révélateur d’une Amérique en colère, et l’homme a très bien su capitaliser sur les peurs des Blancs peu éduqués, craignant à leur tour de devenir une minorité. C’est l’homme des divisions. Il annonce lui-même un «Brexit plus, plus, plus» en précisant qu’il «est temps de rejeter les médias et l’élite politique qui a saigné à blanc notre pays».

Pour Hillary Clinton, c’est sur la mobilisation et la participation des Hispaniques qu’elle espère pouvoir compter. Depuis que les Mexicains ont été qualifiés de violeurs par Donald Trump, la colère gronde dans leurs rangs contre le candidat républicain. Les Noirs par contre risquent d’être moins nombreux à se déplacer dans les bureaux de vote qu’en 2012. Près de 42 millions d’Américains ont déjà voté.

Une Victory Party planifiée

La campagne laissera des traces. Chez les républicains, surtout, divisés par l’attitude de Donald Trump. Ce mardi, ce dernier ne sera montrera pas dans sa Trump Tower de New York, où il avait annoncé sa candidature. Sa «Victory Party», il la passera dans l’hôtel Hilton à quelques pâtés de maison de sa tour, avec ses proches. Et des journalistes triés sur le volet.

Si Hillary Clinton a affrété un avion spécialement pour les médias ces derniers jours, en plus de ceux qui la suivent dans son Boeing 737 affublé d’un «H», Donald Trump n'en a pas pris dans son Boeing 757 qui porte son nom.


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