Les données personnelles de migrants réclamant l'asile aux Etats-Unis ont fuité et été publiées sur un site du gouvernement, a annoncé mercredi la police fédérale de l'immigration (ICE). Elle a ainsi reconnu avoir publié lundi une liste comprenant les noms, le statut et le lieu de détention d'environ 6000 demandeurs d'asile sous sa garde, selon un communiqué.

Le document a fuité «lors de mises à jour de routine» selon l'ICE, qui a assuré que cette erreur était «involontaire». Il est resté en ligne pendant cinq heures avant d'être effacé. «L'agence enquête sur cet incident et prend toutes les mesures rectificatives nécessaires», a-t-elle ajouté.

Lire aussi: Un juge américain bloque une mesure sanitaire qui permettait d'expulser les migrants

Une mise en danger des migrants

La gaffe pourrait avoir de lourdes conséquences pour les personnes concernées. Selon le Los Angeles Times, l'ensemble des migrants dont les données ont été publiées sont actuellement placés en rétention par l'ICE. Cela inclut des demandeurs d'asile fuyant des régimes autoritaires comme la Chine, la Russie ou l'Iran, ainsi que d'autres personnes menacées ailleurs par des organisations criminelles.

Cette fuite met ces migrants en grand danger, selon Blaine Bookey, la directrice juridique du Centre d'études sur le genre et les réfugiés de l'école de droit de l'université de Californie, basée à San Francisco.

«S'ils sont reconduits dans leur pays, ils risquent des représailles», s'est-elle indignée auprès de l'AFP. «Les membres de leur famille, ou leurs amis ou leurs collègues qui sont toujours dans le pays d'origine peuvent aussi faire l'objet de représailles.»

Lire aussi: Drame de San Antonio: un constat d’échec pour Joe Biden

Le risque est d'autant plus grand que les migrants concernés sont détenus par la police de l'immigration, a-t-elle souligné. Ces personnes «n'ont pas de contrôle sur l'endroit où elles sont, et leurs informations et leur emplacement est maintenant dans ce document public», alors que certains gangs criminels n'hésitent pas à payer des gens pour mener des représailles en prison, s'est-elle inquiétée.