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Manifestation à Indianapolis contre une loi anti-gay controversée signée par le gouverneur de l’Indiana, Mike Pence.
© © Nathan Chute / Reuters

Etats-Unis

Aux Etats-Unis, des lois anti-gays provoquent une mobilisation inédite

Mardi, dans le sillage de dizaines d’Etats américains, le gouverneur du Mississippi a promulgué une loi discriminatoire à l’égard des homosexuels. Au même moment, le patron de PayPal a renoncé à développer un centre en Caroline du Nord censé employer 400 personnes qualifiées. En guise de protestation

Dans une dynamique inédite, les milieux économiques, Hollywood, la Silicon Valley et le monde du sport visent depuis un peu plus d’un an le même objectif: faire pression sur les politiques d’Etats conservateurs pour les contraindre à renoncer à des lois discriminatoires envers les homosexuels et les communautés LGBT. Mardi, le choc des cultures n’aurait pas pu être plus frontal outre Atlantique. Alors que le gouverneur du Mississippi promulguait une telle loi, le patron de PayPal déclarait au même moment qu’il allait sévir en Caroline du Nord pour protester contre le parlement qui vient d’adopter, en mars, une législation limitant les droits des gays, lesbiennes, transgenres et bisexuels.

Une pression économique

Dan Shulman a annoncé que sa société renonçait à ouvrir un nouveau centre opérationnel à Charlotte qui aurait employé 400 personnes qualifiées. Il le dit sans ambages: «La nouvelle loi perpétue la discrimination et viole les valeurs et principes qui sont au cœur de la mission et de la culture de PayPal.»

Pour l’heure, la Caroline du Nord n’a pas fait volte-face. Mais les pressions économiques, espère-t-on, pourraient la faire plier. Facebook, Google, Apple ainsi qu’American Airlines, IBM et d’autres sociétés présentes dans cet Etat du Sud des Etats-Unis ont vivement dénoncé l’adoption de la loi anti-gays. La 21st Century Fox et A + E Networks ont menacé de ne plus y réaliser de films et la Ligue professionnelle de basketball, la prestigieuse NBA, songe à organiser le «All-Star Game» de l’hiver 2017 à un autre endroit. Le maire de San Francisco, Ed Lee et le gouverneur de l’État de New York ont promis de ne plus financer de voyages vers la Caroline du Nord.

Cette mobilisation civique des milieux économiques et du sport met en évidence les tensions qui parcourent le Grand Vieux Parti aujourd’hui. Si certains républicains ont conscience de la nécessité de promouvoir l’économie comme le gouverneur du Dakota du Sud Dennis Daugaard qui a opposé son veto à une loi similaire, d’autres conservateurs jugent prioritaire de préserver la liberté religieuse, qui est sacrée. Pour eux, la légalisation du mariage homosexuel par la Cour suprême des Etats-Unis en juin 2015, a été une catastrophe digne de Sodome et Gomorrhe. Ils tentent par tous les moyens de limiter les droits des homosexuels. Mais le monde a changé et de telles restrictions ne passent plus pour une majorité d’Américains. Elles sont d’autant moins populaires dans les milieux économiques que les milléniaux (génération Y) sont plus exigeants en termes d’engagement civique des entreprises dont ils achètent des produits.

La menace de Roger Goodell, icône des homosexuels aux Etats-Unis

La Géorgie a provoqué un tollé semblable dans les milieux homosexuels et lesbiens. Le 16 mars, son parlement a adopté une loi autorisant notamment les membres d’une congrégation religieuse à refuser d’embaucher une personne ou de l’admettre dans l’une de leurs écoles sur la base de leurs convictions religieuses. Les milieux économiques sont montés aux barricades. «La Géorgie prospère», une organisation rassemblant quelque 400 entreprises, a exhorté l’État à abroger la loi controversée. Dow Chemicals, Unilever, Intel ainsi que Time Warner, Sony et le patron de Salesforce Marc Benioff, qui emploi 16 000 personnes en Géorgie, ont tous brandi la menace du boycott tout comme Disney, Coca-Cola, Home Depot et Delta Airlines. Les clubs de basketball et de baseball les Atlanta Hawks and les Atlanta Braves ont fustigé la décision de discriminer les homosexuels et transgenres.

Lire aussi: L'Amérique approuve le mariage gay

Icône des gays outre-Atlantique, le patron de la Ligue nationale de football (NFL) américain Roger Goodell a même sorti l’arme atomique pour forcer le gouverneur Nathan Deal à opposer son veto à la loi: il a menacé de saper la candidature d’Atlanta pour les Super Bowls de 2019 et 2020. Un événement sportif et culturel majeur dans un Etat où le football américain est presque une religion. La menace résonne d’autant plus que la ville est en train de construire un stade gigantesque de 1,7 milliard de dollars dans cette optique. Résultat: le gouverneur Nathan Deal, un religieux qui a cependant fait de l’économie son cheval de bataille, a usé de son veto contre la loi contestée.

Aux Etats-Unis, on ne bafoue plus les droits des communautés LGBT en toute impunité. La mobilisation a commencé en Indiana en 2015. La première loi discriminatoire passée et approuvée par le gouverneur de l’Indiana Mike Pence avait provoqué un scandale national. Son adoption provoqua l’envoi de 400 millions de twittos #BoycottIndiana. L’État a subi des pertes économiques d’au moins 60 millions de dollars et douze conférences y ont été annulées.

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