Le ministre à la Sécurité intérieure, Alejandro Mayorkas, «a fait savoir aux dirigeants d'organisations de défense des droits civiques que nous n'utiliserions plus de chevaux à Del Rio», a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki. Un porte-parole du ministère de la Sécurité intérieure a précisé que cette mesure était prise «de manière temporaire». «Nous allons utiliser en priorité d'autres méthodes pour identifier les individus qui pourraient être en détresse médicale», a-t-il indiqué dans un communiqué.

«Des migrants assimilés à du bétail»

Sur un cliché pris dimanche par un photographe employé par l'AFP, un garde-frontières à cheval attrape un homme par son t-shirt sur la rive américaine du Rio Grande, frontière naturelle entre les deux pays, près de Del Rio. Sur un autre, il tient un groupe à distance en faisant tourner ses rênes, dans une posture menaçante, pour les forcer à rebrousser chemin vers le Mexique. Ces clichés, qui ont fait le tour du monde, ont suscité un vif émoi aux Etats-Unis. Certains y ont vu des migrants assimilés à du bétail, d'autres ont rappelé les mauvais traitements subis par des Afro-Américains de la part de la police montée, des gardiens de prison ou des propriétaires d'esclaves.

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Alejandro Mayorkas avait assuré mercredi que ces clichés ne reflétaient pas l'identité des Etats-Unis, ni l'action de l'ensemble de la police aux frontières. Une enquête a été ouverte et les agents impliqués ont été affectés à des tâches administratives. Le gouvernement américain fait face à une nouvelle crise migratoire après un afflux soudain et massif de milliers de personnes, dont de nombreux Haïtiens, qui se massent depuis quelques jours sous un pont de la petite ville frontalière, dans des conditions sordides. Plus de 1.400 Haïtiens arrêtés à la frontière ont déjà été rapatriés par avion, une décision également critiquée car le petit pays des Caraïbes est plongé dans une crise politique, sécuritaire et humanitaire.