Le président syrien Bachar al-Assad a promulgué jeudi un décret autorisant le multipartisme dans le pays. Il accède ainsi à l’une des principales revendications du mouvement de contestation entamé mi-mars, a annoncé l’agence officielle syrienne Sana.

«Le président Assad a promulgué jeudi un décret présidentiel sur la loi des partis», a rapporté Sana. Le décret fixe les conditions de création et de fonctionnement de formations politiques susceptibles d’exister à côté du parti Baas, qui tient les rênes du pouvoir depuis 1963 et qui a le statut de «dirigeant de l’Etat et de la société» selon la Constitution.

Le gouvernement syrien avait adopté le 24 juillet un projet de loi autorisant le multipartisme, mais ce décret permet de rendre la mesure applicable immédiatement, sans attendre un vote du parlement.

Les nouveaux partis devront respecter la déclaration universelle des droits de l’homme, ne pas reposer sur des bases religieuses ou tribales et ne pas être issus d’une organisation ou d’un parti non syrien. Ils ne devront comporter aucune formation militaire ou paramilitaire, publique ou secrète et leurs principes, objectifs et sources de financement devront être clairement établis, selon Sana.

Nouvel assaut

L’adoption au Conseil de sécurité des Nations unies d’une déclaration condamnant la répression en Syrie n’a pas freiné les blindés de Bachar al-Assad. Ils auraient fait au moins 45 morts dans un nouvel assaut mercredi soir dans le centre de Hama, affirme un militant.

Selon cet activiste qui a réussi à fuir la ville, quarante personnes ont péri dans les bombardements et sous le feu des mitrailleuses des chars dans le seul quartier d’Al Hader. Cinq autres, dont deux enfants, ont perdu la vie alors qu’ils tentaient de quitter la ville en voiture.

Plus tôt mercredi soir, des habitants de Hama affirmaient que les bombardements se poursuivaient et que les chars de l’armée syrienne avaient pris position sur la place principale de la ville avec l’aide des milices «chabbiha».

Les blindés syriens opèrent depuis dimanche dernier dans Hama, qui est en pointe dans le mouvement de contestation en cours depuis la mi-mars contre le régime du président Bachar al-Assad.

Les autorités syriennes affirment que l’armée est entrée dans la ville pour arrêter des hommes armés qui intimidaient les habitants. La télévision officielle a montré des images d’hommes armés portant des vêtements civils, disant qu’ils avaient attaqué les forces de sécurité et des bâtiments gouvernementaux.

Les assertions des deux camps sont difficiles à vérifier car Damas a expulsé la plupart des médias indépendants de son territoire.