Le président syrien Bachar el-Assad s’est dit déterminé à libérer «chaque centimètre carré du territoire» de son pays, se targuant d’avoir «légitimité» et «soutien populaire» pour mener à bien ces objectifs, dans une interview à des médias français lundi.

«Nous avons la légitimité pour libérer n’importe quelle zone contrôlée par les terroristes, quel que soit le nom qu’ils se donnent. Qu’ils s’appellent Etat islamique, qu’ils s’appellent Al Nosra (branche syrienne d’Al Qaida, ndlr), qu’ils se disent modérés ou bien Casques blancs (sauveteurs civils, ndlr), nous n’avons rien à faire des noms», a asséné le président syrien sur la radio privée RTL. Damas qualifie de «terroristes» tous les opposants à son régime.

Lire aussi: Guerre de l’eau et des mots à Damas

«Sur le chemin de la victoire»

Dans cette interview, accordée également à la radio France Info et à la chaîne LCP, le président syrien a affirmé que son régime était «sur le chemin de la victoire», après la reconquête d’Alep, la deuxième ville syrienne, reprise entièrement par le régime fin décembre, après des mois de siège et de bombardements. «Nous avons pour mission constitutionnelle de libérer chaque centimètre carré du territoire syrien, ça n’est même pas discutable», a déclaré Bachar el-Assad.

Vous ne pouvez pas avoir le soutien populaire, si vous tuez vos propres citoyens.

Interrogé sur les crimes de guerre dont est accusé le régime de Damas (tortures de prisonniers, largages de barils explosifs sur les populations civiles, bombardements d’hôpitaux…), le président syrien a répondu: «Si on avait fait des choses pareilles, nous n’aurions pas eu de soutien, je ne serais plus président, le gouvernement ne serait plus là. Nous avons pu résister durant toute la guerre parce que nous avons le soutien populaire. Et vous ne pouvez pas avoir le soutien populaire, si vous tuez vos propres citoyens. Donc toute cette histoire ne tient pas debout.»

Lire aussi notre éditorial: Bachar le chimique

Négociations de paix fin janvier

Parti d’une révolte populaire en mars 2011, réprimée dans le sang, le conflit en Syrie s’est rapidement militarisé et internationalisé, et a fait plus de 310 000 morts en près de six ans.

Une trêve, globalement respectée, a été décrétée le 30 décembre en Syrie. Des négociations de paix sont prévues fin janvier à Astana au Kazakhstan, parrainées par la Russie, alliée du régime, et la Turquie, soutien de la rébellion.

«On ne sait pas qui représentera l’autre partie», a déclaré le président syrien aux médias français, en soulignant vouloir parler à la «vraie» opposition syrienne. «Quand je dis «vraie», je veux dire qui a ses racines en Syrie, pas la saoudienne ou la française ou la britannique… ça doit être une opposition syrienne pour discuter des problèmes syriens, le succès de cette conférence dépendra de ce point», a-t-il dit.