Caucase

Bakou annonce un cessez-le-feu «unilatéral», mais les combats continuent, selon les Arméniens

Après la trentaine de soldats tués sur la frontière du Nagorny Karabakh hier, la tension est toujours extrême entre Azerbaïdjan et Arménie, résurgence du conflit des années 1990

L'Azerbaïdjan a annoncé dimanche un cessez-le-feu «unilatéral» au Nagorny Karabakh, après les plus importants combats depuis la fin de la guerre il y a 22 ans, tout en annonçant qu'il répondrait si ses forces étaient attaquées.

Mais un porte-parole des séparatistes arméniens a déclaré peu après que les combats n'avaient pas cessé. «Des combats importants se poursuivent dans les secteurs sud-est et nord-est de la frontière», a déclaré à l'AFP David Babayan, porte-parole du «Ministère de la défense» du Nagorny Karabakh.

Lire: Au moins 30 soldats tués au Nagorny Karabakh, Vladimir Poutine appelle au cessez-le-feu

«L'Azerbaïdjan, montrant sa bonne volonté, a décidé unilatéralement de cesser les hostilités», a annoncé dimanche matin le Ministère de la défense, tout en prévenant que si les forces arméniennes ne cessaient pas «leurs provocations», l'Azerbaïdjan «libérerait tous les territoires occupés par les Arméniens».

Bakou s'est également dit décidé à «renforcer» plusieurs positions stratégiques «libérées» au cours des combats de vendredi et samedi.

Il a également nié que les forces du Karabakh aient, comme elles l'ont annoncé dimanche matin, repris la hauteur stratégique de Lala-Tepe, prise par l'armée azerbaïdjnaise samedi.

Les séparatistes arméniens, soutenus par Erevan, ont pris le contrôle de cette région au début des années 1990 à l'issue d'une guerre qui a fait 30.000 morts et des centaines de milliers de réfugiés, principalement des Azeris. Elle est désormais peuplée majoritairement d'Arméniens.

La Turquie en arrière plan

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a assuré dimanche que la Turquie soutiendrait l'Azerbaïdjan «jusqu'au bout» dans son conflit avec l'Arménie autour de la région du Nagorny Karabakh, après des combats qui ont fait ces deux derniers jours plus de 30 morts.

«Nous prions pour que nos frères Azerbaïdjanais triomphent de ces combats avec le moins de pertes possibles», a déclaré M. Erdogan, actuellement en visite aux Etats-Unis, cité par la présidence turque.

Moscou et Washington inquiets

La Russie et les Etats-Unis ont appelé hier samedi à un cessez-le-feu immédiat au Nagorny Karabakh.

Le président russe Vladimir Poutine a appelé samedi «les deux parties à un cessez-le-feu immédiat et à faire preuve de retenue pour éviter qu'il y ait de nouvelles victimes».

Les ministres russes des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et de la Défense, Sergueï Choïgou, ont téléphoné à leurs homologues azerbaïdjanais et arménien.

A Washington, le secrétaire d'Etat américain John Kerry, condamnant «dans les termes les plus forts» les affrontements, a pressé les deux parties de «respecter strictement le cessez-le-feu».

Lourd bilan

Samedi en fin de journée, alors que la situation semblait s'être stabilisée, les deux côtés avaient annoncé leurs pertes dans ces intenses combats qui avaient débuté dans la nuit de vendredi à samedi : 18 soldats arméniens tués, 12 azerbaïdjanais. Chaque côté a également fait état de la mort d'un civil. Et l'Azerbaïdjan a reconnu qu'un de ses hélicoptères avait été abattu.

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