Entouré de barbelés, le camp se dresse à la sortie de la ville de Ferizaj, sur la route qui conduit à la base américaine de Camp Bondsteel, entre une station-service et des entrepôts. Des camions passent en soulevant des jets d’eau: nul n’a souvenir au Kosovo d’un automne aussi pluvieux que celui-ci. «Les Afghans ne sortent jamais, on ne les voit jamais», lance Agon, dont l’atelier de menuiserie fait face à l’entrée du camp, où sont stationnées des jeeps de la KFOR, la force de l’OTAN déployée depuis 1999. Les baraquements qui abritent les évacués de Kaboul ont été élevés dans les années 2000 pour héberger les travailleurs du consortium Bechtel-Enka, qui construisaient «l’autoroute nationale» reliant le Kosovo à l’Albanie. D’autres évacués, moins nombreux, sont installés dans la base même de Bondsteel.