Union européenne

Ballets diplomatiques tous azimuts pour éviter le Brexit

Les Vingt-Huit entendent trouver un accord aux revendications britanniques au Sommet européen jeudi et vendredi à Bruxelles. Mais des obstacles perdurent

A deux jours du Sommet européen, jeudi et vendredi à Bruxelles, qui doit notamment finaliser un accord sur les futures relations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE), plusieurs obstacles perdurent. Dans ce contexte, le premier ministre britannique a passé une journée marathon mardi dans la capitale européenne où il a rencontré le président du Parlement européen Martin Schulz ainsi que les chefs des trois plus importants groupes politiques – conservateur, socialiste, libéral- pour plaider sa cause. En cas d’accord entre les Vingt-Huit, le Parlement prendra le relais pour le transformer en acte législatif. Martin Schulz a affirmé que le processus sera lancé promptement, mais n’a donné aucune garantie que les législateurs approuvent, sans mot dire, le compromis issu du Sommet.

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Le premier ministre britannique entend arracher un accord sur lequel il s’appuierait pour demander à ses concitoyens de voter oui au maintien de leur pays au sein de l’UE. Ces derniers s’y prononceront lors d’un référendum qui aura lieu vraisemblablement le 16 juin prochain. Selon lui, le projet d’accord négocié avec le Conseil européen par rapport à ses revendications constitue une bonne base pour parvenir à un compromis. «La rencontre a été constructive, a déclaré Martin Schulz à l’issue de la rencontre. Plusieurs points requièrent tout de même des clarifications.»

Les relations entre les 19 pays de la zone euros, un point sensible

Martin Schulz a mis en garde le premier ministre sur l’un des points les plus sensibles du projet d’accord, à savoir l’application d’un frein d’urgence pour restreindre l’immigration en provenance des pays d’Europe de l’Est. Selon lui, les députés européens sont normalement hostiles à toute restriction au principe de la libre circulation des personnes.

Mais il s’est surtout appesanti sur les relations entre les dix-neuf pays de la zone euro, les sept pays qui n’ont pas encore rejoint le groupe et les deux (Royaume-Uni et Danemark) qui ont décidé, dès le départ, de rester hors du groupe. Selon lui, la revendication de Londres selon laquelle les institutions financières britanniques ne soient pas tenues à respecter les règles européennes et ne soient ainsi pas concernées par l’Union bancaire, n’est pas acceptable.

Cette question, également soulevée à Paris et à Berlin, pourrait même constituer la pierre d’achoppement. Les banques françaises ont fait remarquer qu’elles seraient désavantagées par rapport aux concurrentes de la City qui, elles, n’auront pas les mêmes exigences à remplir. Le président français François Hollande a fait part de ces réserves, ce qui lui a valu une visite d’explication lundi soir du premier ministre britannique à Paris. Une clarification s’impose d’autant plus que la Banque centrale européenne ne voit pas non plus d’un bon œil le privilège dont jouirait la place financière britannique. Pour cause: elle est le superviseur unique dans le cadre de l’Union bancaire et est chargée de veiller à la solidité des banques en Europe.

La volonté de trouver un compromis

David Cameron n’est pas toutefois pas le seul en tournée d’explications. Donald Tusk, président du Conseil européen, a visité une dizaine de capitales ces derniers jours, dont Londres, Paris et Berlin, pour rapprocher les positions. Il a répété plus d’une fois qu’un accord n’était pas encore acquis, tout en mettant en garde contre la division au sein de l’UE. Sa mission a été particulièrement difficile dans les pays de l’Est qui refusent toute idée de restreindre la libre circulation des personnes. A Prague, il a déclaré que les Britanniques décideront seul de leur destin, mais leur décision pourra affecter l’ensemble des Européens. Il a voulu aussi assurer que les mesures préconisées dans les projets d’accord ne toucheront pas les travailleurs migrants qui sont déjà installés au Royaume-Uni.

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Quoi qu’il en soit, tous les dirigeants politiques européens sont unanimes sur la nécessité de parvenir à un compromis afin d’éviter le Brexit. «Nous n’avons pas de plan B, nous avons un plan A, a déclaré hier Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, qui s’est également entretenu mardi avec le premier ministre britannique. Le Royaume-Uni restera dans l’UE et sera un membre constructif de l’Union.»

 

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