Syrie

Ban Ki-moon parle d’une «catastrophe humanitaire» à Alep

Dans un rapport au Conseil de sécurité, le secrétaire général de l’ONU dénonce les effets «de plus de cinq années de massacres et de souffrances» dans la cité divisée

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, prévient d’une «catastrophe humanitaire» sans précédent à Alep, en Syrie. Il a appelé les Etats-Unis et la Russie à convenir d’un cessez-le-feu de toute urgence dans la ville et le reste du pays.

Les combats entre forces pro-gouvernementales et rebelles, qui divisent la ville depuis 2012, se sont intensifiés dans les dernières semaines. Des centaines de personnes sont mortes et de nombreux civils sont privés d’eau, d’électricité et de denrées de base. «Nous risquons de voir à Alep une catastrophe humanitaire sans précédent à l’issue de plus de cinq années de massacres et de souffrances dans le conflit syrien», a affirmé Ban Ki-moon mardi, heure américaine, au Conseil de sécurité de l’ONU dans son dernier rapport mensuel sur l’accès de l’aide humanitaire, consulté par Reuters.

La ville toujours plus écartelée

L’est d’Alep est l’un des bastions des rebelles syriens tandis que l’ouest de la ville est tenu par les forces du régime de Bachar al Assad. Forces soutenues par des milices chiites des pays voisins ainsi que par des frappes aériennes russes.

«Le combat pour les territoires et les ressources est mené par le biais d’attaques indiscriminées sur des zones résidentielles, et fait notamment usage de bombes baril, tuant des centaines de civils dont des dizaines d’enfants», poursuit ce rapport. «Toutes les parties du conflit échouent à respecter leur obligation de protéger les civils», ajoute-t-il. Il réitère son appel à une trêve d’au moins 48 heures pour des livraisons humanitaires, ainsi qu’à la conclusion rapide d’un cessez-le-feu par Moscou et Washington.

Nouvelle discussion entre Américains et Russes

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et le secrétaire d’Etat américain John Kerry se sont entretenus mardi par téléphone à ce sujet, a annoncé le ministère russe des Affaires étrangères.

La Russie a utilisé mardi une base iranienne pour lancer des bombardements contre l’Etat islamique et des rebelles en Syrie. Le ministère russe de la Défense a précisé que les opérations prenaient soin d’épargner les civils. L’Observatoire syrien des droits de l’homme fait état pour sa part de dizaines de morts dans de nombreux raids aériens dans et autour de la ville, devenue le principal enjeu du conflit.


 

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