La sœur de l’ancien chef de gouvernement en exil Thaksin Shinawatra, Yingluck Shinawatra, a été officiellement élue vendredi premier ministre de Thaïlande par la nouvelle assemblée nationale. C’est la première femme à occuper ce poste.

L’ancienne femme d’affaires de 44 ans, seule candidate, a reçu le soutien de 296 députés sur 496 voix exprimées, a annoncé le président de l’assemblée issue des élections du 3 juillet, qui compte 500 élus. Ce chiffre est très proche du nombre de membres de la coalition de 300 députés que le Puea Thai, vainqueur des législatives, a formé avec cinq autres partis.

Les démocrates du premier ministre sortant Abhisit Vejjajiva, relégués dans l’opposition, se sont massivement abstenus. Yingluck Shinawatra, qui s’est elle-même abstenue, a reçu seulement 3 voix contre et 197 abstentions. Elle devra encore être formellement approuvée par le roi pour entrer en fonction.

Cette novice en politique, que Thaksin Shinawatra a lui-même décrite comme son «clone», a mené le parti Puea Thai à une large victoire aux législatives du 3 juillet. Le principal défi de la nouvelle premier ministre sera de tenter de ramener la stabilité dans un royaume qui vit au rythme des manifestations de masse depuis le coup d’Etat qui a renversé son frère en septembre 2006.

Et de réconcilier pour ce faire les masses défavorisées du nord et du nord-est, pour la plupart favorables à Thaksin Shinawatra, et les élites de la capitale gravitant autour du Palais royal, qui le haïssent.

Les dernières manifestations de masse au printemps 2010 avaient vu les «chemises rouges», dont beaucoup considèrent le milliardaire comme un héros, occuper le centre de Bangkok pendant deux mois, avant d’être délogés par l’armée. La crise, la plus grave qu’ait connue la Thaïlande moderne, avait fait plus de 90 morts et 1900 blessés.