Après avoir reçu des informations sur un bateau des réfugiés rohingyas, les gardes-côtes ont lancé une opération de recherche pendant trois jours pour retrouver l'embarcation, retrouvée pendant la nuit de mercredi à jeudi au large de la côte sud-est du pays, a expliqué un porte-parole, le lieutenant Shah Zia Rahman.

«Nous avons secouru au moins 382 Rohingyas d'un grand chalutier de pêche surchargé et les avons amenés sur une plage près de (la ville côtière de) Teknaf. Ils étaient affamés», a déclaré Shah Zia Rahman à l'Agence France-Presse (AFP). «Ils étaient en mer depuis 58 jours. Et depuis les sept derniers jours ils étaient dans nos eaux territoriales.»

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Les Rohingyas, probablement originaires de camps de réfugiés de la région, se dirigeaient vers la Malaisie mais ont fait demi-tour lorsque cette dernière a renforcé ses patrouilles côtières à cause de la pandémie de coronavirus, selon le journal local Dhaka Tribune.

Une enquête ouverte

Les rescapés ont indiqué que «32 Rohingyas sont morts sur le chalutier surpeuplé et leurs corps ont été jetés à la mer», a expliqué Shah Zia Rahman. Une enquête a été ouverte. «Nous avons bouclé la zone où ils ont débarqué. Nous ne pouvions pas les interroger à cause de la possibilité qu'ils soient infectés par le coronavirus», d'après le porte-parole.

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Des images vidéo postées sur Facebook par un journaliste local montraient une majorité de femmes et d'enfants émaciés debout sur une plage. Un responsable administratif local a indiqué à l'AFP que le décompte des rescapés était toujours en cours mais qu'il devrait dépasser les 400. Le Dhaka Tribune affirme que le navire transportait près de 500 Rohingyas.

Près d'un million de Rohingyas vivent dans des camps misérables près de la frontière du Bangladesh avec la Birmanie, dont beaucoup ont fui après les exactions perpétrées par l'armée birmane à partir de 2017. Face au peu de perspectives en matière d'emploi et d'éducation, des milliers ont tenté de rejoindre d'autres pays, comme la Malaisie et la Thaïlande.