Le président américain Barack Obama s’est exprimé cet après-midi pour la première fois devant l’assemblée des Nations unies, une intervention très attendue qui a donné le ton d’une politique extérieure d’un genre nouveau pour le pays le plus puissant du monde.

Rompant avec l’unilatéralisme revendiqué de l’administration Bush, Barack Obama a appelé à une «nouvelle ère de coopération multilatérale» pour faire face aux défis de la planète. «En 2009, plus qu’à n’importe quel autre moment de l’histoire de l’humanité, les intérêts des nations et des peuples sont partagés», a déclaré le président américain. «Ceux qui ont l’habitude de réprimander l’Amérique pour son action solitaire dans le monde ne peuvent aujourd’hui rester de côté et attendre que l’Amérique résolve seule tous les problèmes du monde», a-t-il encore déclaré. «Il est désormais temps pour chacun d’entre nous de prendre sa part de responsabilité dans la réponse globale aux défis mondiaux». «Nos actions ne sont pas au niveau de l’ampleur des défis auxquels nous sommes confrontés», a-t-il ajouté.

Ce discours a fait suite à celui du Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, qui a lui aussi ouvert l’assemblée en appelant les Etats du monde à s’unir face à trois défis majeurs: le climat, le nucléaire et la pauvreté. «S’il y a jamais eu un bon moment pour agir dans un esprit multilatéral renouvelé, c’est bien maintenant», a-t-il déclaré en guise d’introduction.

La Suisse suivra attentivement le discours du président libyen Mouammar Kadhafi, qui s’exprime lui aussi à la tribune des Nations unies aujourd’hui. Alors que la crise diplomatique entre la Confédération et la Libye – déclenchée par l’arrestation du fils du colonel à Genève en juillet 2008 – ne trouve toujours pas d’issue, on se rappelle que Mouammar Kadhafi a récemment déposé une requête auprès de l’ONU demandant un «démantèlement de la Suisse». Prévue à l’agenda de jeudi, la prise de parole du président suisse Hans-Rudolf Merz pourrait servir à donner le change à d’éventuelles nouvelles attaques du dirigeant libyen.

Au titre des interventions attendues, celle prévue, mercredi en fin de journée, du président iranien Mahmoud Ahmadinejad ne manquera pas d’être le principal contrepoids au discours de Barack Obama. L’Iran et les Etats-Unis devraient entrer en discussion le mois prochain au sujet des ambitions nucléaires de Téhéran. Encore récemment, le président iranien controversé a répété que son pays n’abandonnerait jamais son programme nucléaire et une fois encore affirmé que l’Holocauste était un mensonge.

A la tribune aujourd’hui s’exprimeront également, entre autres, les dirigeants brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, français Nicolas Sarkozy, russe Dmitri Medvedev et britannique Gordon Brown.

Demain jeudi, Barack Obama présidera un sommet exceptionnel du Conseil de sécurité sur la non-prolifération et le désarmement nucléaires, avant de partir pour Pittsburgh en Pennsylvanie, où se tiendra pour deux jours le troisième sommet du G20.

Hier, le sommet de l’ONU sur le climat, censé relancer la négociation d’un nouvel accord contre le réchauffement à Copenhague, a déçu les attentes faute d’annonces majeures des principaux acteurs, même si la volonté d’avancer de la Chine a été saluée et le chef de l’ONU, Ban Ki-moon, a estimé possible un bon accord à Copenhague.