Les frappes israéliennes se sont poursuivies dimanche. Après avoir fait dix morts samedi à Gaza, dimanche apparaît comme la journée la plus meurtrière de l’opération israélienne lancée mercredi. Les agences parlent de dizaines de raids. Au cinquième jour du conflit, le bilan est maintenant de 67 morts, dont 64 Palestiniens, et de plus de 500 blessés.

Vingt Palestiniens, dont une majorité de femmes et d’enfants, ont été tués dimanche dans des raids aériens israéliens sur la bande de Gaza, selon les services de santé du territoire palestinien gouverné par le Hamas.

Neuf Palestiniens, parmi lesquels sept membres d’une même famille, dont trois femmes et quatre enfants, ont été tués dans l’après-midi dans une frappe aérienne qui a détruit un immeuble de trois étages du quartier de Nasser (nord) dans la ville de Gaza, selon un nouveau bilan des services d’urgences, selon l’AFP.

Deux autres raids ont tué un homme à Chejaïya, un quartier de l’est de la ville de Gaza, et deux autres à Jabalia, dans le nord du territoire palestinien, ont précisé les services ambulanciers de Gaza.

Dans la matinée, six Palestiniens, dont quatre enfants, avaient été tués.

Ahmad al-Nahal, 25 ans, et Tasnim al-Nahal, 13 ans, dont le lien familial exact n’était pas connu dans l’immédiat, ont été tués dans le camp de réfugiés de Chati, à Gaza, avait indiqué un porte-parole des services d’urgences, Achraf al-Qoudra.

Le président américain Barack Obama a estimé dimanche que les tirs de roquettes lancées en direction d’Israël avaient «précipité» la crise à Gaza, où l’armée israélienne a effectué dimanche matin de nouveaux raids. A l’inverse, deux roquettes ont été tirées contre Israël dimanche mtin.

«Les Etats-Unis soutiennent complètement le droit d’Israël de se défendre», a-t-il déclaré, estimant que «l’évènement précipitant» le plongeon dans la crise actuelle avait été le tir de «missiles sur des zones habitées».

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé, également dimanche, un appel urgent pour rassembler 10 millions de dollars (9,5 millions de francs) afin d’assurer la fourniture, ces trois prochains mois, de médicaments et matériel médical à Gaza. La plupart des stocks de médicaments essentiels y sont déjà épuisés.

«L’OMS lance un appel à la communauté internationale et régionale pour un soutien financier urgent pour fournir des médicaments essentiels (qui sauvent des vies) face aux pénuries préexistantes, ainsi que du matériel d’urgence pour traiter les blessés et les malades chroniques», indique-t-elle dans un communiqué publié dans la nuit.

Pourtant l’armée israélienne est prête à «intensifier significativement» son opération militaire contre les groupes armés palestiniens à Gaza, a menacé dimanche le 1er ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Pour sa part, le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a déclaré dimanche qu’Israël était prêt à envisager une trêve à condition que tous les groupes armés palestiniens de Gaza stoppent leurs tirs.

«Notre seule condition pour une trêve, c’est que tous les groupes terroristes opérant à Gaza cessent complètement le feu», a affirmé M. Lieberman avant de s’entretenir avec son homologue français Laurent Fabius en visite à Jérusalem.

Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a averti dimanche qu’une opération terrestre à Gaza pourrait «coûter» à Israël «une grande partie» de son soutien international et qu’elle «menacerait de prolonger le conflit».

«Le Premier ministre et moi-même avons souligné auprès de nos homologues israéliens qu’une invasion terrestre de Gaza coûterait à Israël une grande partie du soutien international qu’il a dans cette situation», a déclaré M. Hague sur Sky News.

«Une invasion terrestre est beaucoup plus difficile à soutenir pour la communauté internationale, notamment le Royaume-Uni», a-t-il insisté,

Attendu dimanche en Israël, Laurent Fabius a déclaré: «Notre soutien à la cause palestinienne n’est pas contesté et en même temps, nous avons des contacts avec les Israéliens. Nous sommes presque les seuls dans cette position-là. Nous parlons aux uns et aux autres, nous sommes reconnus par les uns et par les autres, et nous voulons la paix», a déclaré M. Fabius aux journalistes qui voyageaient avec lui.

Samedi les frappes israélienne ont détruit le quartier général du Hamas, selon les agences. D’autres symboles palestiniens ont été touchés comme le quartier général de la police à Gaza, l’Université islamique et le stade «Palestine», la principale enceinte sportive de Gaza.

Dimanche matin, aucune issue ne paraît pourtant se dessiner. Pourtant de Barack Obama à Angela Merkel, l’activité diplomatique est très vive. Et dans la presse de dimanche, de nombreux représentants politiques demandent un cesser le feu rapide.

Le chef du Hamas Khaled Mechaal était au Caire samedi pour discuter d’une issue au conflit à Gaza, mais son mouvement est peu disposé à accepter un cessez-le-feu sans avoir de garanties qu’Israël respectera une trêve, a-t-on appris auprès d’un haut responsable du Hamas.

Samedi après-midi, M. Mechaal devait rencontrer le chef des services de renseignements égyptiens, et s’entretenir avec le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan et l’émir du Qatar Hamad Ben Khalifa Al-Thani, tous deux en visite officielle au Caire, selon l’AFP.

Angela Merkel a encouragé M. Morsi à poursuivre «son rôle important de médiation» avec les groupes palestiniens pour qu’ils cessent leurs attaques sur Israël. «Il faut éviter une escalade de la violence», selon le communiqué de la chancellerie.

Les agences parlent maintenant de 1000 frappes» contre Gaza depuis mercredi. Tout le monde craint une opération terrestre. Car les préparatifs pour une telle initiative se poursuivent. Selon un ministre israélien, si les frappes aériennes provenant de Palestine se poursuivent ces prochaines 24 heures, une opération terrestre serait inévitable. La mobilisation de 75 000 réserves souligne l’étendue du danger, d’autant que maintenant 20 000 ont rejoint leurs unités selon un expert du Proche Orient. (ATS, AFP)