Lors de sa première conférence de presse depuis l’élection de Donald Trump, le président sortant Barack Obama a estimé que son successeur était un «pragmatique» qui aura du mal à démanteler les accords historiques signés par les Etats-Unis comme sur le nucléaire iranien et le climat.

Avant son départ pour un ultime voyage officiel à l’étranger, Barack Obama a également assuré que Donald Trump était favorable à la solidité de l’Otan et de l’alliance transatlantique, malgré des déclarations de campagne du milliardaire qui avaient semé la consternation en Europe.

«Est-ce que j’ai des inquiétudes? Absolument. Bien sûr que j’ai des inquiétudes. Lui et moi divergeons sur tout un tas de sujets», a lancé Barack Obama, interrogé sur la nomination comme chef de la stratégie à la Maison-Blanche de Steve Bannon, considéré comme un héraut de l’extrême droite. Cette promotion a indigné les associations antiracistes.

Barack Obama se montre optimiste

Mais alors que le président Obama n’avait cessé durant la campagne d’affirmer que Donald Trump était inapte à diriger la première puissance mondiale dotée de la force nucléaire, il a jugé lundi que son successeur n’était «pas […] un idéologue».

«Je crois qu’au bout du compte, c’est un pragmatique. Et cela peut lui être utile, à partir du moment où il a de bonnes personnes autour de lui et qu’il sait clairement où il va», a précisé Barack Obama, qui avait reçu Donald Trump jeudi dans le Bureau ovale.

Face aux inquiétudes exprimées par des alliés des Etats-Unis devant la possible réorientation de la diplomatie américaine, le président Obama a affirmé qu’il y aurait une «immense continuité» de la politique étrangère et que son pays devait rester «un phare de l’espérance» et la «nation indispensable» pour le monde.

Le candidat Trump avait promis qu’élu président il «déchirerait» l’accord de contrôle du programme nucléaire iranien, une percée diplomatique majeure négociée pendant des années par les Etats-Unis, et les autres grandes puissances, avec l’Iran et conclue le 14 juillet 2015. De même, le président élu avait juré d'«annuler» l’accord de l’ONU sur le climat paraphé à Paris fin 2015.

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Mais pour Barack Obama, le président Trump aura du mal à tenir ses promesses car «il devient plus difficile de défaire quelque chose qui fonctionne […] un accord fantastique […] qui empêche l’Iran d’obtenir une arme nucléaire». «C’est vrai dans d’autres circonstances, par exemple pour l’accord de Paris» contre le réchauffement climatique, a dit Barack Obama.

Donald Trump veut normaliser les relations avec Moscou

Barack Obama s’exprimait juste avant un ultime voyage en Europe qui le mènera en Grèce et en Allemagne, où il tentera de rassurer ses alliés. «Un des messages que je serai en mesure de porter est son engagement à l’égard de l’Otan et de l’alliance transatlantique», a assuré le président sortant.

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Mais l’une priorité du prochain président est de réconcilier les Etats-Unis avec la Russie du président Vladimir Poutine, après des années de froid en raison des crises en Ukraine et en Syrie. Les deux hommes se sont entretenus pour la première fois par téléphone lundi, le Kremlin annonçant qu’ils étaient d’accord pour «normaliser» les relations entre Moscou et Washington.

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A New York, l’équipe Trump a confirmé, parlant du souhait du président élu de nouer des «relations fortes et durables avec la Russie et avec le peuple russe».

Donald Trump s’est aussi entretenu avec le président chinois Xi Jinping et ils «se sont mis d’accord pour maintenir des contacts étroits, bâtir une bonne relation de travail et pour se rencontrer bientôt», selon la télévision d’Etat chinoise CCTV.

Les pleins pouvoirs pour les Républicains

A New York, le bal des proches conseillers et prétendants aux postes gouvernementaux a repris à la tour Trump de Manhattan, avec la visite d’un candidat au poste de secrétaire au Trésor, Steve Mnuchin, ancien de la banque Goldman Sachs. La directrice de campagne de Donald Trump, Kellyanne Conway, a dit que de «nouvelles nominations» seraient certainement annoncées cette semaine.

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Dans ses 100 premiers jours à la tête du pays après son investiture le 20 janvier, Donald Trump aura pour priorités de s’attaquer à l’immigration illégale, de baisser les impôts, de définir ses grands axes de politique étrangère et de réformer la loi sur l’assurance santé Obamacare, selon le futur secrétaire général de la Maison-Blanche et président du Parti républicain, Reince Priebus.

«Nous avons l’opportunité de faire tout cela étant donné que nous avons la Chambre des représentants et le Sénat, et nous avons un Congrès qui a hâte de faire ce travail», a-t-il dit sur ABC, soulignant la «victoire écrasante» des républicains lors des législatives du 8 novembre.