Critiqué par son aile gauche et par les Républicains, l’ex-candidat à la présidentielle John McCain en tête, le président américain est finalement sorti de l’attitude prudente qu’il affichait depuis le début de la crise en Iran. Hier il a condamné fermement la répression violente par le régime de Téhéran des manifestations post-électorales, tout en rejetant les accusations d’ingérence en Iran, lors d’une conférence de presse à Washington, la quatrième depuis son investiture, traduite en persan sur le site de la Maison Blanche.

Barack Obama a estimé que la légitimité de la réélection de l’ultraconservateur iranien Mahmoud Ahmadinejad posait de «sérieuses questions». Parmi ses propos qui marquent un changement de ton: «Je condamne fermement les actions violentes et je m’associe aux Américains dans le deuil pour pleurer chaque vie innocente perdue». Le président regrette que le pouvoir iranien accuse «les Etats-Unis et d’autres (pays occidentaux) d’être à l’origine des manifestations qui ont succédé à l’élection présidentielle» du 12 juin. J’ai dit clairement que les Etats-Unis respectaient la souveraineté de la République islamique d’Iran et qu’il n’y avait pas d’ingérence dans les affaires iraniennes».

Enfin Barack Obama a appelé Téhéran à «gouverner par le consensus et non par la force», en citant les violences dans les manifestations en Iran, et en faisant même allusion à Neda, cette jeune femme dont la mort tragique est devenue emblématique de la répression de la contestation.

Crise ouverte entre Téhéran et Londres

La condamnation des violences par Barack Obama rejoint celles du Haut représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères, Javier Solana, de l’Italie et Israël, qui ont durement critiqué mardi le régime iranien. Plusieurs pays européens ont convoqué les ambassadeurs iraniens en poste pour témoigner de leur inquiétude et de leur indignation devant la dégradation de la situation post-électorale en Iran.

Les relations de l’Iran avec le Royaume-Uni, longtemps l’ennemi numéro un des Iraniens avant que les Etats-Unis le remplacent, sont devenues tendues au point que Téhéran a annoncé l’expulsion de deux diplomates britanniques hier. Les Britanniques vont répondre en expulsant à leur tour deux diplomates iraniens en poste à Londres, a expliqué le Premier ministre Gordon Brown à la Chambre des communes. Les familles des diplomates britnniques en Iran sont en train d’être rapatriées.