Diplomatie

Barack Obama et Hu Jintao réchauffent les espoirs

Contre toute attente, les Etats-Unis et la Chine ont redonné vigueur aux négociations sur le climat en cosignant mardi un communiqué dont une large part est consacrée au Sommet mondial de Copenhague, en décembre. Les présidents américain et chinois se sont mis d’accord pour une action résolue, au niveau des principes en tout cas

Contre toute attente, les Etats-Unis et la Chine ont redonné vigueur aux négociations sur le climat en cosignant mardi un communiqué dont une large part est consacrée au Sommet mondial de Copenhague, en décembre. Les engagements de principe pris dans ce texte par le président américain Barack Obama et son homologue chinois Hu Jintao vont plus loin que ce qu’attendaient les observateurs après la douche froide que représentaient les déclarations faites deux jours plus tôt à Singapour.

«Coopération indispensable»

En préambule, la Chine et les Etats-Unis soulignent que le changement climatique est «un des plus grands enjeux de notre temps», qui réclame une «réponse vigoureuse et une coopération internationale indispensable». Ils se disent convaincus que la transition vers une économie à «basse intensité de carbone» est une chance pour promouvoir une croissance économique équilibrée.

Les deux pays s’accordent pour soutenir la mise en œuvre «complète, effective et durable» de la convention-cadre de l’ONU sur le changement climatique, «en accord avec le plan d’action adopté à Bali», et s’engagent à prendre des mesures «significatives» pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, reconnaissant le «rôle important» qui leur revient en la matière.

L’accord conclu à Copenhague, «tout en s’efforçant d’aboutir à un engagement final légalement contraignant», devra «inclure des objectifs de réduction d’émissions pour les pays développés et des actions nationales appropriées pour les pays en développement». Il devra aussi augmenter «substantiellement» l’aide aux pays émergents dans ce but et promouvoir le transfert de technologies appropriées.

Aucun chiffre

Les Etats-Unis et la Chine ne s’engagent sur aucun chiffre dans le communiqué. Cela étant, «notre but (ndlr: à Copenhague) n’est pas un accord partiel ou une déclaration politique, mais un texte couvrant tous les domaines et déployant des effets immédiats», a déclaré hier Barack Obama.

Le premier ministre danois Lars Lokke Rasmussen s’est félicité de cette annonce. C’est lui-même qui avait déclaré à Singapour dimanche que Copenhague déboucherait sur un simple accord politique, tandis que Barack Obama affirmait qu’il n’y avait «pas le temps» pour viser un accord complet en décembre.

On le voit, les positions officielles ne manquent pas de contradictions à trois semaines du sommet, au risque de créer une certaine confusion et de faux espoirs. Plus réservé, le ministre français de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo, a estimé hier qu’il y a «un problème clair avec nos amis américains», dont l’engagement actuel lui paraît insuffisant.

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