Le président américain Barack Obama a imposé vendredi des sanctions à l’encontre du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi et de ses proches à la suite de la répression menée par son régime contre les manifestants, a indiqué un communiqué de la Maison Blanche.

Le président Obama a signé un décret présidentiel gelant les avoirs et bloquant tous les biens aux Etats-Unis du colonel Kadhafi et de ses quatre fils, précise le communiqué.

«Le gouvernement de Mouammar Kadhafi a bafoué les normes internationales et la morale élémentaire et doit en être tenu responsable», a déclaré le président Obama dans ce communiqué.

«Ces sanctions visent en conséquence le régime Kadhafi, mais protègent les avoirs qui appartiennent au peuple libyen», ajoute le président américain.

«La violation continue des droits de l’homme, la cruauté contre son peuple et les menaces atroces du gouvernement libyen ont mérité à juste titre la condamnation forte et large de la communauté internationale», a affirmé Obama.

«Nous nous tiendrons fermement aux côtés du peuple libyen dans sa demande d’accès aux droits universels et d’un gouvernement qui réponde à ses aspirations. Sa dignité humaine ne peut pas lui être refusée», a-t-il ajouté.

Un responsable américain qui a requis l’anonymat a affirmé que ces sanctions étaient destinées à encourager les membres du gouvernement libyen à faire défection.

Obama indique dans le décret qu’il existait un «risque sérieux» que les avoirs de l’Etat libyen soient détournés par Kadhafi, des membres de son gouvernement et sa famille.

Il affirme également que «les attaques prolongées» et le nombre croissant de Libyens qui cherchent refuge à l’étranger constituent «un sérieux risque» pour la stabilité du pays.

Les Etats-Unis ont par ailleurs indiqué qu’ils soutenaient fortement la création d’une commission d’enquête indépendante réclamée hier par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU pour enquêter sur les exactions commises par le régime du colonel Mouammar Kadhafi.

Les 47 membres du Conseil des droits de l’homme de l’ONU ont adopté vendredi une résolution qui réclame la suspension de la Libye de ses rangs, un geste qualifié d’historique par ses membres qui ont également réclamé une enquête indépendante sur les violences commises dans le pays.

La résolution du Conseil fait office de recommandation. La décision finale revient à l’Assemblée générale de l’ONU dont la prochaine réunion est prévue le 1er mars à New York.

Les Etats-Unis appellent tous les pays «à parler d’une seule voix pour soutenir les droits universels de l’homme», a ajouté la chef de la diplomatie américaine.