Barack Obama pouvait difficilement faire autrement. Mercredi, la Maison-Blanche a confirmé que le président se rendrait bien aux discussions de Copenhague sur le climat qui, à partir du 7 décembre, doivent réunir la planète entière en vue de négocier un traité qui fera suite au Protocole de Kyoto de 1997. Barack Obama y sera le 9 décembre, y apportera des engagements américains, mais devrait déjà être reparti lorsque les délégations entreront dans le vif de la négociation.

La Maison-Blanche explique que le président est prêt «à mettre sur la table» des propositions chiffrées de réduction des émissions américaines de gaz à effet de serre: 17% en 2020, par rapport aux niveaux de 2005, 30% en 2025 et 42% en 2030. Cet engagement, note le communiqué, est conforme à la volonté des Etats-Unis de réduire le niveau d’émissions de 83% d’ici à 2050. Il démontre leur souhait de contribuer à résoudre ce problème «que les Etats-Unis ont trop longtemps négligé».

Engagement hypothétique

Plusieurs éléments relativisent cependant cet engagement du plus grand pollueur par habitant de la planète. D’abord, cette offre n’est valable qu’en cas d’accord général. A cet égard, la Maison-Blanche note son optimisme, à la suite notamment des «discussions constructives» qu’a eues Barack Obama avec les dirigeants chinois et indiens.

Ensuite, les propositions américaines sont similaires à celles qui ont déjà été adoptées par la Chambre des représentants mais qui sont encore en attente devant le Sénat. Or, préoccupés notamment par la réforme du système de la santé, les sénateurs (qui sont sur la question plus conservateurs que leurs collègues représentants) n’auront pas encore abordé la question début décembre. L’engagement d’Obama ne sera donc qu’hypothétique.

Enfin, pour paraître importantes, ces réductions prennent comme point d’origine l’année 2005 et non 1990 comme le font par exemple les Européens. Les sceptiques mettent ainsi en avant le fait que la progression de l’émission de CO2 a été d’environ 15% entre 1990 et 2005. Les 17% promis par Barack Obama en 2020 ne représentent donc qu’un tout petit gain par rapport à cette base. Pour mémoire, les Européens parlent, eux, d’une réduction de 20% pendant cette période, voire de 30% en cas d’accord global.