Emmanuel Macron a, depuis sa victoire du premier tour, un impératif: «Faire président» et démontrer aux Français qu'ils peuvent sans crainte l'élire à 39 ans à la présidence de la République. C'est cette ligne que le candidat centriste a tenu vaille que vaille durant tout le débat télévisé de mercredi soir extraordinairement dur avec Marine Le Pen. Laquelle l'a sans cesse harcelé pour souligner son inexpérience et le caricaturer comme un banquier pour qui «la France n'est qu'une salle de marchés». 

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Le meilleur soutien

Le meilleur soutien dont pouvait rêver l'ancien ministre de l'économie, soucieux de rassembler le plus possible d'électeurs au second tour dimanche, est toutefois venu des Etats-Unis cet après-midi. Dans un message vidéo inédit, l'ancien président Barack Obama lui apporte non seulement son soutien, mais lance un appel vibrant en sa faveur. Concluant son intervention par «En Marche. Vive la France!», le prédécesseur de Donald Trump ne cite pas directement Marine Le Pen et le Front National. Mais il y a une forme de passage de relais démocratique dans sa démarche.

«Quel autre candidat aurait pu obtenir cela?», interroge, ravi, un cadre du mouvement lancé par Emmanuel Macron. «Pour Obama, Emmanuel est un digne successeur sur la scène internationale». L'ancien locataire de la Maison Blanche souligne en effet à plusieurs reprises l'importance de la France. Comme s'il souhaitait, sans le dire, que le futur locataire de l'Elysée devienne s'il est élu dimanche, le premier opposant à son successeur à la tête des Etats-Unis.

Les piques de Marine Le Pen

Cette séquence présidentielle ne doit évidemment rien au hasard. Tout au long du débat, Marine Le Pen a cherché à abaisser son adversaire, au point de se mettre elle-même en difficulté à force de mensonges, de propos démagogues et de multiples erreurs factuelles. Emmanuel Macron, lui, a tenu bon, résistant à la charge. Seule ombre au tableau: une impression de fragilité sur les questions régaliennes, et une inquiétude sur sa capacité à s'imposer en situation de crise, dans un environnement politique et diplomatique hostile. Ce qui ne manquera pas d'arriver s'il accède à l'Elysée, avec des partenaires tels que Donald Trump ou Vladimir Poutine, tous deux alliés objectifs de Marine Le Pen. Entendre le populaire ex-président américain expliquer qu'il lui fait confiance, et que le destin de la France sera solidement tenu entre ses mains s'il remporte la présidentielle, est par conséquent un point important pour Emmanuel Macron.  

Avec, simultanément, un risque impossible à éviter: celui d'accroitre encore plus la colère d'une droite dure pour qui Trump est le nouveau modèle, et Obama, l'archétype du politicien élitiste, communautaire, sous influence des puissances de l'argent et des multinationales. Pour éviter de tomber dans le mimétisme, l'ancien chef de l'Etat américain n'a d'ailleurs pas achevé son rapide discours par «Yes he can» (oui, il le peut), miroir de son slogan à succès «Yes we can!».