Dès dimanche, le président américain «a communiqué sa décision finale dans le Bureau ovale en ce qui concerne la stratégie et a donné ses ordres» concernant sa mise en œuvre, a dit son porte-parole, Robert Gibbs.

Lundi et mardi, il passait une bonne part de son temps en vidéo-conférence ou au téléphone avec ses partenaires étrangers, jusqu’au grand discours de mardi soir, à West Point. Barack Obama et le Premier ministre britannique Gordon Brown se sont félicités des progrès réalisés «dans le partage du fardeau» en Afghanistan, a annoncé Downing Street.

Gordon Brown a confirmé l’envoi début décembre de 500 soldats supplémentaires en Afghanistan, ce qui portera le contingent britannique à plus de 10’000 hommes.

Mardi, devant les élèves de la plus prestigieuse école militaire américaine, le président Obama annoncera publiquement qu’il a fait le choix dangereux de l’escalade. Il devrait annoncer l’envoi d’environ 30’000 soldats supplémentaires et appeler les alliés des Etats-Unis à envoyer eux aussi des renforts.

Il devra aussi expliquer à des Américains de plus en plus hostiles à cette guerre comment il s’y prendra pour que le déploiement ne tourne pas à l’enlisement.

Il y avait environ 35’000 soldats américains en Afghanistan quand Barack Obama a pris ses fonctions. Ils sont aujourd’hui environ 68’000 après une première augmentation des effectifs en février.

Le scepticisme est désormais majoritaire chez les Américains quant à la nécessité de cette guerre qui, loin de paraître prendre fin après plus de huit ans, connaît son année la plus meurtrière.

Barack Obama devrait insister sur le fait que l’engagement américain n’est pas illimité ni inconditionnel. Il fera de l’entraînement et de la montée en puissance des forces afghanes un impératif.

D’ici son discours, le président américain devait s’entretenir avec ses homologues français, russe, chinois, les chefs de gouvernement britannique, allemand, australien, danois, polonais, indien, même s’il ne les sollicite pas tous pour des renforts. Les présidents afghan et pakistanais devaient eux aussi recevoir son appel.

Le ministre français de la Défense, Hervé Morin, a confirmé lundi soir que les Américains réclamaient davantage de troupes aux Européens pour l’Afghanistan.