La déclaration du président américain survient alors que l’auteur de la tentative d’attentat s’apprête à comparaître devant la justice ce vendredi.

«En tant que président, j’ai la responsabilité solennelle de protéger notre pays et nos compatriotes. Et quand le système échoue, je suis responsable», a déclaré M. Obama dans un discours solennel à la Maison Blanche, deux semaines après l’attentat commis à bord du vol 253 de Northwest Airlines (groupe Delta). Unmemorandum des actions à entreprendre a dans la foulée été mis en ligne.

Un jeune Nigérian, Umar Farouk Abdulmutallab, a réussi à embarquer le 25 décembre avec des explosifs dissimulés sous ses vêtements, alors que son nom figurait sur la liste élargie dite TIDE (environ 500’000 personnes) des personnes à risque. Le père de ce musulman de 23 ans avait pourtant alerté la diplomatie américaine sur la radicalisation de son fils. La bombe artisanale du jeune homme n’a pas totalement fonctionné et il a été maîtrisé par des passagers.

Umar Farouk Abdulmutallab devait comparaître vendredi à 14H00 (21h heure suisse) devant un tribunal de Detroit, deux jours après avoir été inculpé. Ses avocats doivent préciser à cette occasion s’il compte plaider coupable ou non-coupable.

Annonçant une série de mesures pour améliorer l’échange des renseignements et renforcer la sécurité du pays, M. Obama a averti que toutes les administrations chargées de ces mesures «seront rendues responsables si elles ne le font pas».

Cascade d’aveux

Le conseiller de M. Obama pour l’antiterrorisme, John Brennan, a dit à la presse avoir avoué au président qu’il n’avait pas été à la hauteur de sa mission. «Je lui ai dit que je ferais mieux et que nous ferions mieux en tant qu’équipe», a ajouté M. Brennan, tandis que M. Obama a semblé exclure des démissions, insistant plutôt sur la notion d’échec de l’ensemble du système dont il est le garant.

Concrètement, la ministre de la Sécurité intérieure Janet Napolitano a promis une nouvelle approche de la sécurité dans les aéroports, avec le déploiement de 300 scanners corporels d’ici un an, et un renforcement de la coopération internationale.

La centrale du renseignement (CIA) a promis d’augmenter le nombre d’agents dévolus au Yémen, où le suspect semble avoir été entraîné par Al-Qaïda, et à l’Afrique.

Un imam américano-yéménite dans le colimateur

Au Yémen, précisément, les autorités ont indiqué que l’auteur de l’attentat raté avait bien rencontré dans le pays un imam radical américano-yéménite, Anwar al-Aulaqi, qui serait également lié à l’auteur de la fusillade sur la base militaire américaine de Fort Hood en novembre (13 morts, 42 blessés).

Les autorités de Sanaa s’affichent toujours déterminées à lutter contre la branche locale d’Al-Qaïda, qui a revendiqué la tentative du 25 décembre. Elles avaient annoncé mercredi l’arrestation de six membres du réseau, dont un de ses chefs présumés à l’origine de menaces ayant entraîné la brève fermeture d’ambassades occidentales.