Dans l’ambiance euphorique et exubérante qui s’est emparée de l’«East Room», une salle d’apparat de la Maison Blanche pleine à craquer, M. Obama, entouré de parlementaires démocrates et de membres de son administration ayant oeuvré à cette réforme, a signé peu avant midi (17h00 en Suisse) le texte de loi dont le Congrès a accouché dimanche.

«Alors qu’arrive le printemps, nous saluons l’avènement d’une nouvelle ère aux Etats-Unis», a déclaré M. Obama lors d’un nouveau discours passionné en faveur de cet arsenal législatif.

Cette loi «va mettre en mouvement des réformes pour lesquelles des générations d’Américains ont combattu», a ajouté le président, rendant hommage aux membres du Congrès qui ont adopté ce texte après un an de débats acharnés, ainsi qu’à ses ministres et collaborateurs.

De Roosvelt à Clinton Il a aussi fait référence à ses nombreux prédécesseurs ayant essayé en vain de faire adopter une telle réforme depuis un siècle, de Theodore Roosevelt à Bill Clinton, auquel il a associé son épouse et actuelle secrétaire d’Etat, Hillary Clinton.

M. Obama a fait passer une vague d’émotion dans l’assistance en affirmant qu’il signait la loi en pensant à sa mère décédée, «qui se disputait avec les compagnies d’assurance alors qu’elle était en train de mourir du cancer», et à plusieurs victimes d’abus des assureurs, qu’il a citées nommément.

Mais le discours de M. Obama, dans la vénérable «East Room» qui vit entre autres Lyndon Johnson signer la loi sur les droits civiques en 1964, a aussi pris un ton de campagne lorsqu’il a évoqué les dispositions du texte entrant en vigueur dès cette année, alors que se profilent de cruciales élections législatives.

«Nous sommes un pays qui fait face aux difficultés et accepte ses responsabilités (...) Nous forgeons notre propre destin», a lancé le président. «Et maintenant, nous allons sanctuariser l’idée fondamentale que tout le monde devrait bénéficier d’une sécurité de base dans le secteur de la santé», a-t-il ajouté.

Loi contestée au plan juridique Mais avant même son entrée en vigueur, effective dès mardi, la loi était déjà contestée sur le terrain juridique aussi bien que politique.

Le texte, adopté dimanche par la Chambre des représentants après des mois d’âpres négociations au Congrès, est jugée trop coûteuse par les républicains qui l’assimilent à une prise de contrôle du système de santé par l’Etat fédéral.

Ils entendent faire de ce sujet l’enjeu de la campagne pour les élections de novembre, qui renouvelleront l’ensemble de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat, tous deux contrôlés par les démocrates.

De politique, la bataille va aussi devenir judiciaire après l’annonce qu’une dizaine d’Etats américains prévoient de contester la réforme dès sa promulgation, car ils la jugent anticonstitutionnelle.