Dans un discours devant les étudiants de la Nouvelle école économique de Moscou, Barack Obama a exposé la multitude des intérêts communs et des domaines de coopération possible entre les deux pays aux relations longtemps compliquées. «Que les choses soient claires dès le départ: l’Amérique veut une Russie qui soit forte, pacifique et prospère», a dit le président américain.

Une nouvelle relation

Il a opposé cette vision à celle du 20è siècle dans laquelle «les Etats-Unis et la Russie (étaient) voués à être des antagonistes», ou celle du 19ème siècle dans laquelle ils étaient condamnés «à rivaliser pour des sphères d’influence et où les grandes puissances (devaient) forger des blocs concurrents pour se contrebalancer l’un l’autre». Malheureusement, on a parfois l’impression que les vieux présupposés doivent prévaloir, une conception de l’exercice du pouvoir enracinée dans le passé plutôt que le présent», a-t-il déploré. Mais «les temps où des empires pouvaient manipuler des Etats souverains comme les pièces d’un jeu d’échec sont révolus», a-t-il dit.

Coopération sur le nucléaire iranien et nord-coréen

Les questions du nucléaire iranien et nord-coréen sont «des défis qui réclament un partenariat mondial, et ce partenariat sera plus fort si la Russie occupe le rang de grande puissance qui doit être le sien. L’Amérique compte inverser la propagation des armes nucléaires et empêcher qu’on s’en serve. C’est de notre responsabilité, à nous qui sommes les deux plus grandes puissances nucléaires mondiales».

Le parler direct de Barack Obama

Sur la question des sphères d’influence que la Russie veut conserver, le président américain a affirmé mardi que la Russie devait respecter la souveraineté de la Géorgie et de l’Ukraine, deux alliées des Etats-Unis qui aspirent à entrer dans l’Otan.

Il a aussi appelé la Russie à respecter les règles de l’Etat de droit et de la démocratie. «La courbe de l’histoire nous montre que les gouvernements qui sont au service du peuple survivent et prospèrent, pas les gouvernements qui ne sont au service que de leur propre puissance, a dit Barack Obama, les gouvernements qui représentent la volonté de leur peuple risquent bien moins de péricliter, de terroriser leurs citoyens ou de faire la guerre aux autres. Les gouvernements qui promeuvent le respect de l’état de droit, qui se soumettent au contrôle dans tout ce qu’ils font et qui autorisent l’existence d’institutions indépendantes sont des partenaires commerciaux plus fiables».