Cent jours au vert, ou presque, et revoilà Barack Obama sur le devant de la scène. Après avoir fait du kitesurf avec le milliardaire Richard Branson dans les îles Vierges britanniques, passé du bon temps avec Tom Hanks, Bruce Springsteen et Oprah Winfrey sur un luxueux yacht au large de l’île de Mo’orea dans le Pacifique Sud, et commencé à rédiger ses mémoires en Polynésie française dans un hôtel tenu par les héritiers de Marlon Brando, l’ancien président refait parler de lui dans la sphère politique. En veillant à ne pas trop critiquer frontalement son successeur: il ne veut pas passer pour le leader de l’opposition.

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La semaine dernière, il avait apporté son soutien à Emmanuel Macron dans un message vidéo trois jours avant l’élection présidentielle française. Il a aussi félicité l’animateur Jimmy Kimmel pour son témoignage sur la maladie de son fils et son vibrant plaidoyer pour l’Obamacare. Le 24 avril, il a participé à un premier événement public depuis qu’il n’est plus président. C’était à l’Université de Chicago, pour évoquer l’engagement civique des jeunes. «Ce que je peux faire de plus important, c’est aider autant que possible la future génération de dirigeants à prendre le relais, qu’ils essaient à leur tour de changer le monde», a-t-il souligné. C’est l’objectif principal de la Obama Foundation.

Dimanche, Barack Obama s’est une nouvelle fois montré en recevant la distinction «Profile in courage» de la Fondation John F. Kennedy à Boston, des mains de l’unique petit-fils de JFK. Il a été honoré pour ses actions au sujet de la réforme de la santé, de l’Accord de Paris sur le climat ou encore dans le dossier cubain, alors que le Congrès vient de donner un sérieux coup de pioche à son Obamacare. Ce mardi, il est au sommet sur l’alimentation à Milan. Le 25 mai, il participera, à Berlin, à une discussion publique avec la chancelière Angela Merkel sur la démocratie.

Un musée présidentiel à 500 millions de dollars

Barack Obama a des projets plein la tête. Et des grands. Celui qui lui tient le plus à cœur est le Obama Presidential Center qu’il construit dans sa ville d’adoption, Chicago, pour 500 millions de dollars. Un projet ambitieux, qui devrait voir le jour en 2021. Trois bâtiments ultramodernes, près de Jackson Park. Le musée, une tour hexagonale massive, sera le bâtiment le plus visible. A côté se dresseront la bibliothèque présidentielle ainsi qu’un auditorium.

En quittant la présidence, Barack Obama avait annoncé la couleur. «Je ne m’arrêterai pas; je serai là avec vous comme citoyen.»

Pour le démocrate, un des buts de son futur centre est de «préparer la prochaine génération de leaders à emprunter leur propre chemin et changer le monde». Ce lieu de réflexion se veut aussi convivial: il comprendra un terrain de basket-ball, des endroits pour faire de la luge et des grillades. Et des foodtrucks. Il a pour but d’être attractif pour les jeunes, dans une ville qui reste associée à la violence et aux armes. Le 25 janvier, Donald Trump évoquait dans un tweet un «carnage», avec 42 morts par balles en moins d’un mois, et se disait prêt à une intervention fédérale.

Un studio d’enregistrement pour les jeunes est prévu. Obama envisage d’y faire venir des stars qui l’ont soutenu, comme Bruce Springsteen ou Chance the Rapper. Il évoque également des ateliers avec les réalisateurs Spike Lee ou Steven Spielberg. En parallèle, il poursuit la rédaction de son livre sur son mandat présidentiel. Lui et sa femme ont chacun signé un contrat avec la maison d’édition Penguin Random House. Selon le Financial Times, le couple toucherait 60 millions de dollars pour les deux livres.

Michelle est aussi de retour

Michelle Obama revient aussi sur le devant de la scène. L’ex-First Lady doit d’abord faire le deuil de son programme de nutrition mis en place en 2010 dans les écoles américaines pour réduire le taux d’obésité: Donald Trump veut le supprimer. Un de ses autres projets, Let Girls Learn, en faveur de l’éducation d’adolescentes déscolarisées, semblait également menacé. Ce sont bien dans ces domaines qu’elle continuera à s’engager. Le 12 mai, elle participera à un congrès sur l’obésité à Washington.

On l’aura compris, les Obama ne s’éclipseront pas de sitôt de la vie publique. Mais ce n’est que dans quelques mois qu’ils devraient s’impliquer un peu plus politiquement en participant activement à la récolte de fonds pour le parti démocrate.