«Bienvenue à la maison!», «Barry revient chez lui», «Il est là, enfin». La presse indonésienne a salué le «retour» de celui qui a vécu quatre années, entre les âges de 6 et 10 ans, à Djakarta avec sa mère américaine et son beau-père indonésien. Cette visite était d’autant plus attendue qu’elle avait été annulée à deux reprises depuis le début de l’année, provoquant une certaine déception au pays, où Barak Obama reste très populaire.

Arrivé en milieu d’après-midi pour la deuxième étape d’une tournée asiatique après l’Inde, le président américain ne devait rester qu’une vingtaine d’heures à Djakarta, où 8500 policiers et militaires ont été mobilisés. Mais la visite pourrait être encore raccourcie à cause du Merapi, toujours en éruption à plus de 400 kilomètres de la capitale indonésienne. «Il sera probablement nécessaire que nous quittions l’Indonésie avec plusieurs heures d’avance sur l’heure prévue demain à cause des risques liés aux cendres volcaniques», a indiqué le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs, à bord d’Air Force One.

Barack Obama doit se rendre en Corée du Sud pour participer au sommet du G20. De l’aéroport, il s’est immédiatement rendu au palais présidentiel pour des entretiens avec son homologue Susilo Bambang Yudhoyono, qui dirige depuis cinq ans la troisième plus grande démocratie au monde.

Les deux hommes devaient signer un «partenariat global» négocié depuis plus d’un an. Il vise à renforcer la coopération dans les domaines de la sécurité, un enjeu clé pour les Etats-Unis en raison de la situation stratégique de l’Indonésie, mais aussi de l’économie, de la lutte contre la déforestation ou des échanges universitaires. L’Indonésie et l’Inde sont «des puissances émergentes et des démocraties» que les Etats-Unis «considèrent comme des piliers de ses intérêts stratégiques pour le XXIe siècle», a expliqué Ben Rhodes, un conseiller d’Obama.

L’Indonésie cherche à construire avec les Etats-Unis une «relation d’égal à égal», lui permettant d’affirmer sa place de première puissance économique d’Asie du sud-est et de membre du G20. Peuplé de 240 millions d’habitants et riche en matières premières, le pays peut se montrer exigeant car il est courtisé de toute part, notamment par la Chine, décidée à y investir des dizaines de milliards de dollars dans les infrastructures, l’énergie ou les mines.

En raison de la brièveté de sa visite, Barack Obama n’aura pas le temps de montrer à son épouse Michelle la maison et les deux écoles qu’il a fréquentées entre 1967 et 1971. Mais il pourrait croiser des anciens camarades extrêmement fiers de raconter qu’ils ont joué au foot ou coursé des poulets avec le jeune «Barry», son surnom à l’époque.

Le programme initial prévoyait que Barack Obama visite mercredi matin l’immense mosquée de Djakarta, un geste apprécié dans le pays comptant le plus de musulmans au monde. Il devait ensuite prononcer un discours en plein air à l’université d’Indonésie, où il devrait plaider pour des relations fraternelles entre son pays et l’islam.

Sa visite se déroule dans un contexte difficile pour l’Indonésie, endeuillée par deux catastrophes naturelles – un tsunami et l’éruption du Merapi – qui ont causé la mort de plus de 500 morts et fait des dizaines de milliers de sans-abri ces deux dernières semaines.