Le président américain Barack Obama se rendra à Orlando jeudi pour un hommage aux victimes de l’attaque perpétrée par Omar Mateen. Pour l’instant, l’enquête montre qu’il aurait agi seul, sans ordre de l’EI, mais inspiré par les djihadistes.

La Maison-Blanche a annoncé lundi soir ce déplacement, destiné à «rendre hommage aux familles des victimes et montrer sa solidarité avec la communauté». Plus tôt dans la journée, Barack Obama avait fait le point sur l’enquête. «Il semble que le tireur ait été inspiré par diverses sources d’information extrémistes sur internet», a-t-il affirmé au sujet d’Omar Seddique Mateen, auteur de l’attaque contre une boîte de nuit homosexuelle d’Orlando.

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Il a néanmoins souligné qu’il n’y avait «pas de preuves claires» indiquant que cet Américain de 29 ans d’origine afghane «était dirigé depuis l’extérieur» ni «de preuves directes indiquant qu’il faisait partie d’un complot plus vaste». «Il a annoncé son allégeance à l’EI à la dernière minute mais il n’existe pas de preuve à ce stade qu’il ait été dirigé par eux», a insisté le président.

L’assaillant surveillé par le FBI

Le groupe Etat islamique a confirmé lundi sur sa radio la revendication du massacre d’Orlando. Le tueur, employé dans une société de sécurité, a attaqué le Pulse dans la nuit de dimanche avec un fusil d’assaut et une arme de poing. Après avoir abattu plusieurs personnes, il s’est retranché dans les toilettes avec des otages et a appelé les services d’urgence pour revendiquer son «allégeance» au groupe Etat islamique. Le déroulement n’est pas sans rappeler celui de l’attentat du Bataclan, à Paris, le 13 novembre 2015, avec une prise d’otages conclue par un assaut.

Interrogé sur d’éventuelles victimes atteintes par les balles des forces de l’ordre, le chef de la police d’Orlando, John Mina, a répondu que l’enquête le déterminerait: «Huit ou neuf de nos agents du SWAT (les unités d’élite, ndlr) ont ouvert le feu. Ils étaient contre un mur et on leur tirait dessus», a-t-il ajouté.

Omar Mateen avait été suivi par le FBI, qui l’avait interrogé à plusieurs reprises, en 2013 et 2014, pour «d’éventuels liens avec des terroristes». Mais ces enquêtes avaient été classées sans suite. Selon le ministère de l’Intérieur saoudien, le tueur a effectué à deux reprises l’Omra, ou petit pèlerinage, à La Mecque en 2011 et 2012.

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Sa famille, elle, lui reconnaît bien des travers mais jure que son acte n’était en rien lié à la religion, y voyant plutôt des motifs homophobes. Evoquant un passé marqué par les violences conjugales, son ex-compagne ne l’avait, elle, jamais entendu soutenir le terrorisme.

Des rassemblements à travers le monde

L’auteur de la tuerie d’un club gay d’Orlando qui a fait 49 morts et 53 blessés, a fréquenté le lieu à plusieurs reprises, selon des témoins ont rapporté lundi des médias américains. «Parfois il allait dans un coin et allait s’asseoir et buvait seul, et d’autres fois, il était tellement ivre qu’il était bruyant», a déclaré Ty Smith au quotidien Orlando Sentinel, en faisant référence à Omar Mateen.

«Si le FBI vous surveille pour liens terroristes présumés, vous ne devriez pas être en mesure d’acheter une arme à feu.»

Laissé libre par le FBI, sans antécédents judiciaires, il disposait de deux permis de port d’armes et a pu acheter en toute légalité, quelques jours avant l’attaque, une arme de poing et une arme longue.

«Si le FBI vous surveille pour liens terroristes présumés, vous ne devriez pas être en mesure d’acheter une arme à feu, un point c’est tout», s’est insurgée la candidate démocrate à la Maison-Blanche Hillary Clinton, alors que la tuerie a relancé le sujet récurrent de la réglementation sur les armes aux Etats-Unis.

Cette fusillade, la pire de l’histoire du pays, a déclenché une vague d’émotions et d’hommages à travers le monde. En Floride, les autorités ont rendu publics les noms des 49 personnes tuées après que les proches ont été prévenus. Le maire Buddy Dyer a indiqué lundi soir que tous les corps avaient été identifiés. La plus jeune des victimes, Akyra Murray, âgée de 18 ans, était à Orlando pour fêter son diplôme de fin d’études secondaires, obtenu la semaine précédente.

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Lundi, en début de soirée, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées devant le Phillips Center, principale salle de spectacle d’Orlando. Tout ce que compte la ville de représentants, élus locaux ou nationaux, étaient présents. Mais c’est le manager du Pulse, Neema Bahrami, qui a été le héros de la soirée.

«Nous ne nous en irons pas, nous sommes ici pour rester!», a-t-il lancé à la foule, qui l’a ovationné. «Nous serons plus grands et mieux que vous n’auriez pu l’imaginer. On ne nous vaincra pas!»