Les attentes étaient très grandes, et ses conseillers ont révélé que Barack Obama pensait et préparait ce discours depuis son élection, souhaitant mettre fin à la «méfiance» qui règne entre Etats-Unis et arabo-musulmans depuis notamment le 11septembre. C’est peut-être pourquoi le président américain n’a pas mégoté sur les ouvertures, les déclarations de bonne intention à destination des arabo-musulmans. «Le cycle de la méfiance doit s’achever, je suis venu ouvrir une nouvelle ère» a-t-il déclaré lors de son discours prononcé sous haute protection dans le grand hall de l’université du Caire, devant 3000 personnes triées sur le volet. Barack Obama a aussi parlé de l’Iran, de l’Irak, de l’Afghanistan, il a évoqué droits de l’homme, et statut de la femme. Il a émaillé ses propos de plusieurs citations venant du Coran, de quoi lui attirer la sympathie de son auditoire. Son discours a été retransmis en direct par une trentaine de chaînes émettant en arabe, les réseaux comme Facebook, Twitter ou Myspace ont aussi relayé la transmission, enfin il était aussi possible de se faire envoyer des extraits par SMS en arabe, en farsi ou en ourdou. Une communication présidentielle américaine qui se voulait la plus efficace possible. Extraits

L’islam et les Etats-Unis

«Le cycle de méfiance et de discorde doit s’achever», a-t-il lancé. «Je suis venu chercher un nouveau départ entre les Etats-Unis et les musulmans à travers le monde, un départ fondé sur l’intérêt mutuel et le respect mutuel, un départ fondé sur cette vérité que l’Amérique et l’islam ne s’excluent pas»

A Ankara, «j’ai dit clairement que les Etats-Unis n’étaient pas -et ne seraient jamais- en guerre contre l’islam», a-t-il poursuivi.

Le Proche-Orient

Soulignant le «lien inébranlable» des Etats-Unis avec Israël, M. Obama a en même temps appelé l’Etat hébreu à cesser la colonisation dans les territoires palestiniens.

«Les liens forts de l’Amérique avec Israël sont bien connus. Ce lien est inébranlable», a-t-il déclaré, affirmant en même temps que «les Etats-Unis n’acceptent pas la légitimité de la poursuite de la colonisation israélienne» qui «viole les accords passés et nuit aux efforts de paix».

«Il est temps que la colonisation cesse», a-t-il encore insisté.

Le président américain a répété que son pays soutenait les aspirations «légitimes» des Palestiniens à un Etat, soulignant que la «seule solution» au conflit avec Israël résidait dans celle prévoyant deux Etats.

«La situation pour le peuple palestinien est intolérable. L’Amérique ne tournera pas le dos aux aspirations légitimes des Palestiniens à la dignité et à leur propre Etat».

«La seule résolution (du conflit) est que les aspirations des deux parties soient réalisées dans le cadre de deux Etats, où Israéliens et Palestiniens pourront vivre en paix», a-t-il ajouté.

Il a aussi mis en garde contre la violence pour parvenir à débloquer le conflit: «La première question que nous devons affronter c’est l’extrémisme violent sous toutes ses formes», a-t-il ajouté, évoquant «les questions spécifiques» que musulmans et Etats-Unis doivent «affronter finalement ensemble».

«Nous lutterons toutefois sans relâche contre les extrémistes violents qui représentent une grave menace pour notre sécurité» car les Etats-Unis «rejettent la même chose que les gens de toutes les fois, les meurtres d’hommes, de femmes et d’enfants innocents».

L’Iran

«Nous sommes disposés à aller de l’avant sans conditions préalables sur la base du respect mutuel» même s’il sera difficile de «surmonter des décennies de méfiance» avec l’Iran, a-t-il déclaré à l’université du Caire.

«Mais il est clair pour tous ceux qui sont concernés que lorsqu’il s’agit d’armes nucléaires, nous sommes à un tournant décisif», a-t-il averti.

«Il ne s’agit pas simplement des intérêts américains. Il s’agit d’empêcher une course aux armements nucléaires au Moyen-Orient qui pourrait conduire cette région et le monde sur une voie extrêmement dangereuse», a poursuivi M. Obama.

Cela n’exclut pas cependant, selon lui, que «toute nation -y compris l’Iran- doit avoir le droit d’accéder à la puissance nucléaire pacifique» si elle se conforme au Traité de non prolifération nucléaire.

L’Afghanistan

«Nous ne voulons pas maintenir nos troupes en Afghanistan. Nous cherchons à y avoir aucune base militaire», a dit Barack Obama.

«Nous serions heureux de ramener chacun de nos soldats à la maison si nous étions assurés qu’il n’y a pas d’extrémistes violents en Afghanistan et au Pakistan déterminés à tuer autant d’Américains que possible», a-t-il ajouté. «Mais ce n’est pas encore le cas».

L’engagement des Etats-Unis à remplir leur rôle au sein d’une coalition de 46 pays ne diminuera pas «malgré les coûts», a-t-il dit. «Il est coûteux et politiquement difficile de poursuivre ce conflit», a-t-il reconnu.

Washington prévoit de consacrer 1,5 milliard de dollars chaque année pendant les cinq prochaines années à la construction et à l’aide aux déplacés du Pakistan, ainsi que 2,8 milliards de dollars pour contribuer au développement économique en Afghanistan.

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