Le président américain Barack Obama a conclu l’année politique avec une victoire inespérée sur ses adversaires républicains, à qui il a donné rendez-vous en 2012 pour de nouveaux «combats». Dont le principal sera de se maintenir, quatre années supplémentaires, à la tête des Etats-Unis.

« D’importants débats vont avoir lieu l’année prochaine, il y aura des combats difficiles dans les années à venir, j’en suis certain», a affirmé vendredi le président, qui briguera le 6 novembre un second bail à la Maison-Blanche, sur fond de situation économique toujours délicate.

Dans cette perspective, le dirigeant démocrate a semblé sortir ragaillardi du dernier affrontement en date avec les républicains qui, depuis qu’ils ont conquis la majorité à la Chambre des représentants à fin 2010, l’ont contraint à une cohabitation ponctuée de crises aiguës.

Après cinq jours de blocage, le président de la Chambre, John Boehner, a pris acte jeudi de sa défaite dans le dossier des allègements fiscaux pour les salariés et des indemnités chômage, et accepté le principe de les prolonger jusqu’à la fin du mois de février. Cette «humiliation» du dirigeant républicain, relevée par la presse américaine, résume les tiraillements et les contradictions du parti conservateur.

Nombre de ses élus à la Chambre ont en effet été portés au pouvoir fin 2010 grâce au soutien du mouvement «Tea party», populiste et opposé à toute concession à l’exécutif démocrate. Mais l’équilibre des pouvoirs rend nécessaire une coopération entre les branches du gouvernement.

En 2011, c’est surtout Barak Obama qui avait donné l’impression de plier: la semaine dernière encore, il avait accepté l’inclusion du dossier de l’oléoduc controversé Keystone XL dans l’accord fiscal, après avoir juré de le rejeter.

Malgré une campagne acharnée depuis septembre, le président n’a pas non plus réussi à faire accepter le principe d’une hausse de la fiscalité pour les plus riches afin de réduire le déficit.

Mais à quelques jours de Noël, John Boehner a commis une «énorme faute d’évaluation» en refusant initialement de faire voter une prolongation des allègements d’impôts pour 160 millions de salariés, note Thomas Mann, expert en sciences politiques à l’institut Brookings de Washington. La Maison-Blanche s’est employée, avec succès, à dépeindre les républicains comme des partisans de moins d’impôts pour les Américains plus riches, mais pas les autres.