Tendances octobre 2004

Situations détériorées: Liberia

Au moins 18 personnes ont perdu la vie dans de graves émeutes qui ont éclaté fin octobre à Monrovia. Les observateurs craignent que ces violences ne remettent en cause le désarmement des factions qui se sont affrontées durant les quatorze ans de guerre civile. Le désarmement, assuré par la Mission des Nations unies au Liberia (Minul), a permis d'enregistrer environ 93 000 personnes et de collecter quelque 26 000 armes, mais nombre d'ex-soldats se plaignent de ne pas avoir reçu leurs primes.

Chine, Côte d'Ivoire, Egypte, Guinée-Bissau, Haïti, Inde, Birmanie, Nigeria, Pakistan, Pérou, Somalie

Situations améliorées: Afghanistan

La première élection présidentielle directe a finalement eu lieu comme prévu le 9 octobre. Sans surprise, le président sortant, Hamid Karzaï, l'a largement emporté, dès le premier tour avec 55,4% des suffrages. Son élection a cependant été ternie par l'enlèvement de trois employés électoraux de l'ONU, le 28 octobre. Selon la plupart des analystes, la sécurité – qu'il s'agisse de la lutte contre les talibans ou du désarmement des milices – est le dossier prioritaire par excellence dont devra s'occuper le président.

Burundi, Colombie, Guinée, Zimbabwe, Pays basque espagnol

A suivre novembre 2004

Risques de conflit: Thaïlande

Situation toujours très tendue dans le sud à majorité musulmane à la suite du drame du 26 octobre à Tak Bai (province de Narathiwat). Près de 80 manifestants arrêtés par les forces de l'ordre sont morts asphyxiés dans les véhicules militaires qui les emmenaient en détention. Depuis, plus de 20 personnes ont été assassinées dans la province, essentiellement des bouddhistes, très minoritaires dans la région. Nombre d'observateurs craignent que la rébellion musulmane du sud ne se radicalise.

Haïti, Somalie

Espoir de paix: Burundi

Approuvée par le parlement transitoire le 20 octobre, la nouvelle Constitution doit encore être acceptée par référendum le 26 novembre prochain. L'espoir n'est pas interdit dans ce pays déchiré depuis onze ans par une guerre civile qui a fait quelque 300 000 morts, puisque huit des dix partis tutsis ont finalement «accepté» la Constitution intérimaire, qu'ils rejetaient jusqu'ici parce qu'elle faisait la part trop belle à la majorité hutue (85% de la population). Le successeur du président, Domitien Ndayizeye, un Hutu, doit être élu par le parlement en avril 2005.