Foi de baronne: «Les impôts (en Suisse) ont été bestiaux.» C’est bien simple, Carmen Cervera, baronne von Thyssen-Bornemisza de Kaszon, qui possède la nationalité suisse, a dû payer «une fortune» au fisc, après qu’elle a vendu, au terme d’une interminable saga, la Villa Favorita, au bord du lac de Lugano, pour 87 millions de francs. La vente date d’il y a quelques années déjà. Mais la baronne n’en démord pas. C’est, entre autres, la voracité du fisc qu’elle met en avant à l’heure d’expliquer la décision qui a mis en émoi l’Espagne culturelle et politique: faire sortir d’Espagne, presque en catimini, le très célèbre Mata Mua de Paul Gauguin et, peut-être, le vendre à l’étranger. Car la baronne le répète souvent: «Elle est à court de liquidités.»

Carmen Cervera, 77 ans, a longtemps été une héroïne dans son pays. Miss Espagne en 1961, cette fille d’un mécanicien de motos catalan et d’une femme au foyer castillane a été l’objet de milliers de pages dans les revues «roses» espagnoles. En 1965, elle se marie une première fois, à Genève, avec l’acteur Lex Barker, l’un des interprètes de Tarzan – c’est à cette époque qu’elle obtient le passeport suisse.