Les Serbes du Kosovo ont retiré samedi les véhicules qu’ils avaient placés pour bloquer les routes menant à la frontière avec la Serbie, après que Belgrade et Pristina ont convenu de désamorcer les tensions, a constaté une journaliste de l’AFP.

Les anciens ennemis étaient à couteaux tirés depuis près de deux semaines après que le Kosovo a interdit aux voitures avec des plaques d’immatriculation serbes d’entrer sur son territoire, imitant l’interdiction des Serbes, depuis plusieurs années, de laisser entrer les véhicules dans l’autre sens.

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Le Kosovo avait détaché des forces spéciales de la police pour superviser la mise en oeuvre de l’interdiction, provoquant la colère des Serbes locaux qui avaient bloqué les routes menant à la frontière. La Serbie avait répondu en déployant des chars près de la frontière et en la faisant survoler par ses avions de chasse.

Un déploiement de la Kfor

Ces épisodes ont poussé des diplomates étrangers à presser les deux parties d’apaiser les tensions et prévenir toute escalade. Selon un accord négocié par l’Union européenne jeudi à Bruxelles, et correspondant aux souhaits des deux parties selon celles-ci, le Kosovo devait retirer ses forces spéciales samedi et les Serbes locaux démanteler leurs barricades.

Des soldats de la Kfor (force de l’Otan chargée de la sécurité du Kosovo) ont pris place à la frontière pour deux semaines, dans le but d’assurer «un environnement sûr et la liberté de mouvement», d’après l’accord. Le retrait des barricades et des tentes dans lesquelles dormaient les manifestants serbes s’est déroulé sans incident, selon une correspondante de l’AFP.

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«C’est bien que tout se soit terminé. Nous avons montré à Pristina que les forces spéciales n’avaient rien à faire ici», a estimé un Serbe de 33 ans disant s’appeler Slavko. «La présence de la Kfor ou de la police ordinaire à la frontière ne nous dérange pas». Le trafic reprenait progressivement au poste frontalier de Jarinje, que franchissaient des camions bloqués là pendant plusieurs jours.

A Bruxelles, les deux parties ont également décidé, le temps de parvenir à un accord définitif, d’autoriser les conducteurs des deux côtés à recouvrir les symboles de souveraineté de leurs plaques à l’aide d’autocollants.