«Nous confirmons l’ouverture d’une information judiciaire», qui correspond en Belgique à une enquête préliminaire confiée aux services de police, a déclaré Jean-Pascal Thoreau, porte-parole du parquet fédéral. Le journal De Tijd, qui a révélé l’information, précise que cette enquête a été ouverte vendredi.

«Son objectif est de s’informer sur la nature exacte des faits qui pourraient avoir été commis et qui pourraient être reprochés, suite aux informations parues relativement à ce problème», a ajouté M. Thoreau. Deux enquêtes avaient déjà été confiées par le gouvernement belge à l’IBPT, l’organisme belge de régulation des télécoms, et à la Sûreté d’Etat, les services de renseignement belges.

«S’il devait apparaître que les informations faisant état de pratiques d’écoutes à grande échelle» des services secrets allemands étaient «correctes», l’Allemagne devrait «fournir des explications», avait déclaré le ministre belge des Télécoms, Alexander De Croo, le 29 mai, dans un communiqué. «Ce serait particulièrement piquant quand on se souvient de la réaction ferme de la chancelière (Angela) Merkel après qu’il est apparu que son téléphone mobile avait été mis sur écoute par les services de renseignement de la NSA. Merkel avait alors immédiatement téléphoné à (Barack) Obama pour lui demander de plus amples explications», avait-il relevé.

Au cœur de cette affaire, révélée début mai, figure la collaboration – volontaire ou non – des services de renseignement allemands (BND) avec la NSA américaine. La NSA aurait ainsi fourni au BND des listings d’adresses mail et de numéros de portables à espionner, notamment en Europe, sous couvert de lutte contre le terrorisme, entre 2005 et 2008. Mais elle en aurait profité pour surveiller des hommes politiques et des ministères en Europe, ainsi que des entreprises stratégiques, notamment dans le secteur de la défense.