Didier Reynders, le ministre belge des Finances, préfère parler de «régularisation ou de rapatriement des capitaux». Toujours est-il que le gouvernement violet, où il devrait reprendre du service, prévoit d'offrir un taux unique et très intéressant de taxation aux Belges qui souhaiteraient ramener leur bas de laine dans leur pays d'origine. «C'est le moment pour le faire», juge Guy Verhofstadt qui, citant les exemples allemand et italien, juge qu'il «existe une tendance» dans ce sens en Europe.

Cette décision, qui figure dans le programme du gouvernement belge, est directement dictée par la prochaine entrée en vigueur de la Directive européenne sur la taxation de l'épargne qui doit généraliser, en principe en 2005, l'échange complet d'informations entre établissements bancaires européens. La Belgique n'y participera pas. Elle taxera comme la Suisse, qui devrait parachever un accord en ce sens avec les Quinze, les capitaux déposés chez elles. Mais Bruxelles veut, avant que la transparence ne gagne l'Union européenne, tenter de récupérer tout ce qui peut l'être. Ce d'autant qu'à la lecture du cadre budgétaire proposé par les négociateurs qui vise l'équilibre en 2004-2005 et espère un surplus en 2007, la Belgique – qui veut baisser les impôts et augmenter les dépenses de santé – aura un besoin urgent de recettes dans un contexte de conjoncture économique à la baisse. Or la Banque nationale belge estime que les fonds belges à l'étranger pourraient atteindre 160 milliards d'euros.