Sur son site, le Département fédéral des affaires étrangères évoque des relations «parfois affectées par des positions divergentes en matière de droits de l’homme». Si Berne n’a pas encore réagi à la répression en Tunisie, il est arrivé que la Suisse fasse preuve d’une moindre complaisance que ses voisins d’Europe à l’égard du régime Ben Ali.

Tout a commencé par une brouille: lorsqu’il s’arroge le pouvoir en 1987, Ben Ali veut étendre le domaine de sa résidence et tente d’annexer celle de l’ambassadeur de Suisse. Ce dernier refuse de déménager. Aujourd’hui, la résidence suisse est toujours située sur le périmètre présidentiel.

En 1995, Ben Ali est en visite express à Genève, invité d’honneur de la Conférence internationale du travail. Il y est tancé par des dizaines de manifestants et Flavio Cotti, alors chef du DFAE, refuse de l’accueillir. La Tunisie rappelle son ambassadeur à Berne… jusqu’en 2000. En 2005, lors du Sommet mondial de la société de l’information à Tunis, Samuel Schmid, président de la Confédération, est le seul dirigeant à sermonner la Tunisie en matière de liberté d’expression. Quelques jours plus tard, Micheline Calmy-Rey reçoit à Berne des grévistes de la faim tunisiens. Colère à Tunis, qui rappelle à nouveau son ambassadeur. Il ne sera remplacé qu’en 2008.

Cela n’empêche pas 100 000 Suisses de se rendre chaque année en vacances en Tunisie, chiffre que les Tunisiens espèrent doubler d’ici 2016 avec 43 vols hebdomadaires. La Tunisie bénéficie par ailleurs de deux relais en Suisse romande: son consul honoraire à Lausanne depuis 2005, le consultant Roland Grunder, et l’ancien journaliste Philippe Amez-Droz qui assure depuis 1997, d’abord au sein de l’agence Trimedia puis avec sa propre société AZconsulting, les relations publiques du gouvernement tunisien.