A l’occasion du premier anniversaire de la mort d’Oussama ben Laden, tué par les forces spéciales de la Marine américaine, les Navy Seals, NBC a eu l’extraordinaire privilège de pénétrer dans la Situation Room de la Maison-Blanche pour raconter ce qui s’y est vraiment passé la nuit où l’ennemi public numéro un de l’Amérique et leader d’Al-Qaida fut éliminé. Le journaliste Brian Williams a ainsi pu reconstituer tout le processus. Ce faisant, il a levé un mystère qui a intrigué les rédactions du monde entier:

Que voyaient les personnes entassées dans une salle annexe à la Situation Room? Pourquoi la secrétaire d’Etat Hillary Clinton a-t-elle la main devant sa bouche? Je me souviens des discussions que nous avons eues au Temps à ce moment. Les hypothèses allaient bon train: Hillary Clinton était très fatiguée, ou elle était allergique à quelque chose, ou elle venait de s’enrhumer… La réalité est tout autre. Le président Barack Obama, vice-président Joe Biden ou encore du secrétaire à la Défense Robert Gates font grise mine. Leur regard est rivé à deux écrans. Le premier permet de suivre en temps réel, grâce au drone RQ-170 Sentinel, l’évolution des Navy Seals sur le terrain. Le second montre Leon Panetta, à l’époque à la tête de la CIA. L’effroi se dégageant de la photo s’explique: à Abbottabad au Pakistan, un hélicoptère furtif des Navy Seals vient de se crasher devant le repaire de Ben Laden. On est au tout début de l’opération. C’est un très mauvais départ.

Les images d’Abbottabad seront interrompues quand les forces spéciales interviendront dans la maison du leader d’Al-Qaida. Ce n’est qu’après quelques minutes que celles-ci évoquent la présence de «Geronimo» alias Ben Laden. Peu après, la Situation Room entend l’acronyme fatidique: KIA pour «Killed in action».

NBC ajoute une foule d’anecdotes sur cet événement. Ainsi ni Bill Clinton ni Michelle Obama n’étaient au courant de l’opération. Le nombre de personnes informées était limité au maximum. Au Département d’Etat, seule Hillary Clinton savait. Au Pentagone, à la CIA et à la Maison-Blanche, l’information circulait en cercles très restreints. Pour nourrir l’équipe dans les sous-sols de la Maison-Blanche, les employés de la Maison-Blanche sont allés faire des courses dans des supermarchés différents afin de ne pas éveiller de soupçons sur la quantité de victuailles achetées.

Interrogé par Brian Williams, le président Barack Obama l’avoue: les 40 minutes de l’opération furent les plus longues de sa carrière. Il dit avoir eu conscience du fait que si l’opération échouait comme celle lancée par Jimmy Carter dans le désert iranien en 1980, il devrait en subir des conséquences désastreuses au plan politique.