Le Premier ministre israélien sortant Benjamin Netanyahou est donné vainqueur des législatives. Après dépouillement mercredi 10 avril de la presque totalité des votes, il semble être le mieux placé pour former le prochain gouvernement selon les médias.

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Les projections établies par les médias à partir du comptage de 97% des bulletins créditent le parti de Benjamin Netanyahou d'autant de sièges (35) que la liste Bleu-blanc (centre-droit) de Benny Gantz. Mais elles anticipent autour de Benjamin Netanyahou une majorité potentielle de droite de 65 mandats sur les 120 de la prochaine Knesset. 

Dans une telle configuration, il semble hautement improbable que le président Reuven Rivlin confie dans les prochains jours à un autre que Benjamin Netanyahou la tâche de former une coalition de gouvernement.

Benjamin Netanyahou, 69 ans, au pouvoir sans discontinuer depuis 10 ans, signerait ainsi un nouveau coup d'éclat en remportant des élections largement présentées comme un référendum sur sa personne, malgré la menace d'une inculpation pour corruption. Ses ennuis judiciaires risquent cependant de le rattraper dès les premiers mois d'un nouveau mandat.

Double revendication

Elle est «magnifique», a dit Benjamin Netanyahou triomphant à ses supporters enfiévrés à Tel-Aviv et embrassant sa femme sur les lèvres. «Le peuple d'Israël m'a accordé sa confiance pour la cinquième fois, et une confiance plus grande encore», a-t-il dit. Il a promis un «gouvernement de droite» et a déjà approché les chefs des autres partis de droite en vue de former une coalition de gouvernement. Ils lui ont «presque tous» apporté leur soutien, a-t-il assuré.

Au quartier général de Bleu-blanc à Tel-Aviv, une énorme clameur s'est élevée à l'annonce des sondages, et les sympathisants se sont mis à danser en brandissant des drapeaux à l'étoile de David. «C'est un jour historique, plus d'un million de personnes ont voté pour nous», a proclamé Benny Gantz devant ses supporteurs. «Le président doit nous confier le soin de former le prochain gouvernement car nous sommes le parti le plus important», a-t-il revendiqué avant de promettre d'être «le Premier ministre de tous».

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120 députés

Quelque 6,3 millions d'électeurs étaient appelés à élire leurs 120 députés et à décider si l'indétrônable Benjamin Netanyahou poursuivrait son long règne malgré la menace d'une inculpation pour corruption, ou si l'heure du changement était venue avec le novice Benny Gantz. La gauche sort elle laminée. L'historique Parti travailliste est crédité de 6 sièges et l'une de ses dirigeantes, Shelly Yachimovich, s'est dite «sous le choc».

Commentant les sondages israéliens à la sortie des urnes, Saëb Erakat, haut responsable palestinien, a estimé que les Israéliens avaient dit «non à la paix et oui à l'occupation» des Territoires palestiniens. «Seuls 18 des 120 membres élus du Parlement israélien soutiennent la solution à deux Etats», a-t-il dénombré.