Israël

Benny Gantz échoue à former un gouvernement israélien

Après l'échec de Benyamin Nétanyahou à composer une majorité, cette nouvelle impasse politique fait craindre le risque de nouvelles élections législatives. Benny Gantz a regretté que le peuple israélien soit «otage d'une minorité extrémiste»

Israël s'est rapproché mercredi de nouvelles élections législatives après l'échec du chef de l'opposition israélienne, Benny Gantz, à former un exécutif. «J'ai soulevé chaque pierre pour tenter de former un gouvernement d'union nationale», a-t-il déclaré.

Le leader du parti «Bleu-blanc» a informé le président Reuven Rivlin de son échec. A l'issue des élections nationales de septembre, qui n'avaient pas produit de vainqueur clair, puis de l'échec du premier ministre sortant Benyamin Nétanyahou à composer une majorité, le président israélien avait confié à Benny Gantz une mission presque impossible: faire bouger les lignes politiques. L'ancien chef de l'armée, pourtant rompu aux opérations militaires complexes, devait dénouer ce que des commentateurs locaux nomment un «sac de noeuds». En clair, il devait parvenir à rallier suffisamment de voix pour atteindre les 61 soutiens, seuil de majorité, à la Knesset, le Parlement israélien.

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Pour ce faire, deux grandes options s'offraient à lui: convaincre le chef du parti nationaliste Israel Beitenou, Avigdor Lieberman, de former une coalition avec la gauche soutenue de l'extérieur par les partis arabes, ou s'entendre avec Benyamin Nétanyahou.

«Heurté à un mur de perdants»

Après des semaines de tractations, de tergiversations, de circonvolutions, Avigdor Lieberman a fermé la porte à cette option mercredi, dernier jour du mandat de Benny Gantz pour tenter de composer un cabinet. Et Benyamin Nétanyahou, à la tête d'un «bloc» réunissant son Likoud et des partis de droite et ultra-orthodoxes, n'a pas plié sur son exigence d'être le premier à la tête du gouvernement dans le cadre d'une rotation avec Benny Gantz.

«Je me suis heurté à un mur composé des perdants [des élections] qui ont tout fait pour empêcher les citoyens israéliens de bénéficier d'un gouvernement sous ma direction», a déclaré Benny Gantz. Benyamin «Nétanyahou a privilégié ses intérêts personnels [...] et doit se rappeler que nous sommes encore en démocratie et que la majorité du peuple a voté pour une politique différente de la sienne», a ajouté l'ancien général. «Le peuple ne peut pas être otage d'une minorité extrémiste», a fait valoir celui qui cherchait à former un gouvernement d'union «libéral».

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Le président Rivlin peut désormais donner trois semaines aux députés de la Knesset pour lui proposer des noms d'élus susceptibles de réussir là où les deux grands chefs de parti ont échoué. Reuven Rivlin dit ouvertement vouloir éviter la tenue d'une troisième élection en un an, après les scrutins d'avril et de septembre qui n'avaient pas permis de départager clairement MM. Netanyahou et Gantz.

La convocation de nouvelles élections envisagée

Une autre inconnue pourrait s'inviter dans les tractations: une décision de justice attendue au début décembre sur une éventuelle inculpation de Benyamin Nétanyahou pour «corruption», «malversation» ou «abus de confiance» dans différentes affaires.

Une inculpation pourrait minimiser les chances de Benyamin Nétanyahou, le plus pérenne des premiers ministres de l'histoire israélienne, de rallier les appuis de députés de la Knesset. Mais une exonération pourrait convaincre des élus encore réticents à le joindre dans une coalition.

Si, au terme de cet éventuel nouveau délai, aucune personnalité politique ne parvient à s'imposer à la tête du gouvernement, l'Etat hébreu retournera aux urnes. «La route menant à la formation d'un gouvernement n'a jamais été dans une si grande impasse», résumait mercredi le commentateur Ben Caspit, dans le quotidien Maariv. «Nous allons avoir besoin d'un miracle pour éviter une troisième élection.»

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