Commentaire

Benoît Hamon ou le mythe du président «alternatif»

En 2012, François Hollande avait fait mouche avec son «président normal». Benoît Hamon joue, lui, le registre de la différence. Mais qui peut croire à ses chances pour l'Elysée?

Les Français sont-ils vraiment convaincus que les primaires permettent de choisir les meilleurs candidats? Impossible de ne pas se poser la question à l'issue du duel télévisé entre les deux finalistes de la primaire «citoyenne»: Benoît Hamon et Manuel Valls.

Lire aussi notre analyse du débat: Avantage Benoît Hamon, candidat d'une gauche française «désirable»

Les deux hommes ont intelligemment débattu. La courtoisie de leurs échanges est un bel exercice démocratique, dans un pays où l'affrontement politique finit souvent dans la rue et la violence. Mais une impression tenace perdure: celle d'une confrontation pour la forme. Une sorte de démonstration en laboratoire, trop souvent déconnectée des contraintes du pays réel.

Pour la France, un cocktail de sédatifs et d'euphorisants

La France, vue dans le miroir de cette primaire, ressemble à un patient mal en point à qui l'on proposerait un cocktail de sédatifs et d'euphorisants. L'innovation technologique, enjeu majeur d'avenir, a été absente des échanges. La compétitivité des entreprises, indispensable, n'a été citée qu'à la marge. La création de richesse n'a été évoquée qu'une seule fois par Manuel Valls. L'unique objectif est la répartition, la protection, le mieux-vivre, le moins polluant. Autant d'options louables, mais qui malheureusement ne se décrètent pas.

Lire aussi notre portrait: Benoît Hamon, un candidat dans sa bulle

Au moment où le «dur» Donald Trump s'installe à la Maison-Blanche, la gauche socialiste française, dans la version Benoît Hamon, rêve encore d'une société soft. Or qui peut croire, après l'échec du président «normal», que l'Hexagone endetté et gangrené par le chômage de masse se sortira de ses difficultés avec un président «alternatif»?

Publicité