Mercredi aux douze coups de minuit, dans un parlement israélien électrique, le carrosse de Benyamin Netanyahou s’est transformé en citrouille. Peu ont importé les promesses, menaces, chantages et supplications, le premier ministre n’a pas convaincu les 61 députés sur 120 dont il avait besoin pour former une coalition. Remettre son mandat au président, Reuven Rivlin, afin qu’un autre député forme le gouvernement? Impensable. Dans un moment de faiblesse inédit, le premier ministre a alors accompli «un coup de force absolu: convaincre les députés de se mettre eux-mêmes à la porte», souligne Gideon Rahat, directeur du programme de réforme politique de l’Institut pour la démocratie en Israël.

Peu avant minuit, 74 élus ont ainsi accepté de dissoudre la 21e Knesset. Un coup de théâtre comme le pays n’en avait jamais vu. «C’est la première fois qu’on en vient si rapidement à cet extrême», affirme Gideon Rahat, qui se souvient de deux précédents en 1990 et 2008.