Israël

Benyamin Netanyahou dit avoir assez de temps pour éviter des élections «inutiles» en Israël

Benyamin Netanyahou doit former une coalition de gouvernement d'ici à mercredi soir. Mais le parlement a voté en lecture préliminaire sa propre dissolution. Si ce vote est confirmé, les Israéliens retourneront voter dans les mois à venir

Le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, est engagé dans une course contre la montre pour former une coalition de gouvernement d’ici à mercredi soir, et éviter soit de nouvelles élections, soit qu’un autre se voie donner sa chance à sa place. La perspective que les Israéliens soient appelés de nouveau aux urnes après avoir voté le 9 avril, faute d’accord de gouvernement, s’est précisée lundi. Une telle issue serait une première dans l’histoire d’Israël, et un échec cuisant pour Benyamin Netanyahou, 69 ans, dont treize ans au total passés au pouvoir.

Face à l’impasse des discussions de gouvernement menées par Benyamin Netanyahou avec ses alliés potentiels de droite, le parlement (Knesset) issu des législatives d’avril a voté en lecture préliminaire sa propre dissolution par 65 voix pour, 43 contre et 6 abstentions. Si ce vote est confirmé lors de séances ultérieures dans les prochains jours, les Israéliens retourneront voter dans les mois à venir, à une date qu’il restera à fixer.

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Difficile cependant de déterminer dans quelle mesure ce premier pas vers une dissolution n’est pas avant tout une tactique pour faire pression sur les interlocuteurs de Benyamin Netanyahou et surtout forcer son ex-ministre de la Défense Avigdor Lieberman à transiger.

Netanyahou reste optimiste

Une multitude de scénarios restent possibles. Par exemple que Benyamin Netanyahou parvienne à ses fins d’ici à mercredi soir, avec Avigdor Lieberman à bord, au prix d’âpres marchandages politiques. Que le président lui accorde deux semaines supplémentaires. Ou qu’il donne sa chance. La dissolution de la Knesset avant mercredi soir permettrait à Benyamin Netanyahou de parer une telle avanie.

Lundi, Benyamin Netanyahou a signifié qu’il comptait encore convaincre Avigdor Lieberman dans les délais impartis. «Nous allons former ce gouvernement de droite, il reste du temps, et en 48 heures, on peut faire beaucoup de choses», a-t-il dit. «Il n’y a aucune raison d’aller vers des élections inutiles qui coûteront cher et bloqueront toute activité dans le pays.»

Dans ces heures critiques, il a opportunément reçu le soutien du président américain Donald Trump. «En espérant que ça marche pour la formation de la coalition en Israël et que Bibi et moi pourrons continuer à rendre plus forte que jamais l’alliance entre l’Amérique et Israël», a tweeté Donald Trump, alors au Japon, en se référant à Benyamin Netanyahou par son surnom de Bibi.

Donald Trump avait déjà mis son poids derrière Benyamin Netanyahou au cours de la campagne électorale, comme il a multiplié les gestes favorables à Israël et son premier ministre depuis son accession à la présidence.

L’intransigeance d’Avigdor Lieberman

Benyamin Netanyahou reste confronté à un mur en la personne de l’ultra-nationaliste Avigdor Lieberman. Le chef du parti laïc et nationaliste Israël Beiteinou se dit prêt à aller jusqu’à de nouvelles élections s’il n’obtient pas l’engagement qu’une loi sur le service militaire des juifs ultra-orthodoxes sera adoptée sous le prochain gouvernement, telle qu’il l’avait proposée quand il était ministre de la Défense.

Cette loi annulerait l’exemption systématique de service militaire dont bénéficient des dizaines de milliers d’étudiants des écoles talmudiques. Mais cette exemption est une ligne rouge pour les partis ultra-orthodoxes, autres partenaires potentiels de Benyamin Netanyahou et représentants des Israéliens observant rigoureusement les règles du judaïsme.

Benyamin Netanyahou a besoin des 16 mandats ultra-orthodoxes, sur les 120 de la Knesset. Il voudrait pouvoir compter aussi sur les cinq d’Israël Beiteinou pour disposer d’une majorité de 65 voix.

Avigdor Lieberman a assuré, «question de principe», qu’il n’accepterait aucune modification à la loi sur la conscription telle qu’il l’avait soutenue, et que Benyamin Netanyahou n’avait qu’à faire pression sur les ultra-orthodoxes. L’incapacité du premier ministre à forger un accord est un «échec énorme et inédit», a-t-il dit devant la presse.

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