France

A Bercy, Emmanuel Macron se pose en candidat du rassemblement

Le fondateur du mouvement En Marche! a livré un discours offensif, lundi 17 avril, à une semaine du premier tour de la présidentielle française. En baisse dans les sondages, il a attaqué ses adversaires pour mieux convaincre les indécis

Le but était de balayer les incertitudes et les doutes. Emmanuel Macron a réuni en ce lundi de Pâques près de 25 000 personnes dans l’AccorHotels Arena. Et 5000 à l’extérieur, revendiquent les organisateurs. Une dernière démonstration de force dans une salle parisienne située à quelques pas de Bercy, ministère qu’il a occupé pendant deux ans sous le quinquennat de François Hollande. Un retour aux sources pour donner un nouveau souffle à sa campagne.

Le candidat du mouvement En Marche! voulait marquer les esprits et se démarquer de ses adversaires alors que son avance se réduit dans les sondages. A une semaine du premier tour de la présidentielle française, il observe, à sa gauche, la percée de Jean-Luc Mélenchon et, à sa droite, la remontée de François Fillon. Des évolutions qui enferment désormais le quatuor de tête dans un mouchoir de poche.

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Discours offensif

Ces adversaires, Emmanuel Macron les a vivement attaqués dès son arrivée sur la scène de Paris-Bercy. «Sur onze candidats, dix veulent nous ramener vers un fantasme du passé», a tonné le candidat d’En Marche! devant ses sympathisants. Avant d’ajouter: «Pour certains, la France sera Cuba au soleil ou le Venezuela sans le pétrole.» Emmanuel Macron s’est montré particulièrement virulent à l’encontre du candidat conservateur François Fillon, faisant référence aux poursuites judiciaires engagées à son encontre: «Comme vous, je suis choqué du déni de vérité érigé en principe systématique de communication. Il faut une autorité morale.»

«Une grande incertitude règne»

Fébrile, l’équipe de campagne cherchait à consolider ses fondations avec ce grand rassemblement. Pour ce jeune mouvement (à peine un an), le premier tour de la présidentielle a valeur de test. Rien n’est joué. Devant l’estrade, les sympathisants d’En Marche! se montrent prudents. «Je me garde de faire un pronostic. Une grande incertitude règne. On propose une nouvelle offre dans le paysage politique français», confie Antoine Pasquier, 32 ans et salarié d’une start-up parisienne active dans les énergies renouvelables. Il voit en Emmanuel Macron une alternative face aux autres candidats qu’il juge «catastrophiques».

Même prudence affichée chez un militant appuyé contre les barrières des gradins. «Si on suit les sondages, il est favori. Mais depuis quelques semaines, il est rattrapé par la dynamique Mélenchon», regrette Kévin Tellier, étudiant dans une école d’ingénieur. Agé de 18 ans, ce primo-votant est sûr de son choix. Et il l’affiche fièrement avec son T-shirt «Emmanuel Macron, président!» fourni par l’organisation. Plus que Marine Le Pen, qui tient également un meeting ce lundi, c’est le leader de la France insoumise qui inquiète les sympathisants d’En Marche!.

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Convaincre les indécis

Pendant une heure et demie, Emmanuel Macron a livré sa vision du président qu’il veut incarner. Il prône le rassemblement et veut convaincre les indécis, nombreux à quelques jours du vote, qu’il incarne le «vote utile». «Faire bloc» pour ne pas que la mêlée s’écroule, a scandé Mourad Boudjellal, président du club de rugby de Toulon et nouveau soutien du prétendant à l’Elysée. Le centriste François Bayrou était également présent dans la salle.

«On m’a tellement reproché d’être en accord avec mes opposants. Je le revendique, nous devons trouver des lignes de force communes», a affirmé Emmanuel Macron qui souhaite dépasser le clivage gauche-droite. Il a cité à plusieurs reprises le général de Gaulle, fondateur de la Ve République, sous les applaudissements de ses supporters. Mais également Michel Rocard, Mitterrand ou encore Jacques Chirac. Un spectre large pour tenter d’accéder au second tour de la présidentielle. «Il veut réconcilier les Français sur le fond», assure un militant dans la salle. Ne pas cliver, une stratégie qui présente toutefois un risque: rester un candidat parmi d’autres.

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