Après la Saxe la semaine dernière, c’est au tour de la capitale allemande, Berlin, et du Bundesland qui l’entoure, le Brandebourg, de passer à la règle des 2G. Depuis ce lundi 15 novembre, seules les personnes vaccinées (geimpft) et guéries du Covid-19 (genesen) peuvent entrer dans un restaurant, cinéma, musée et aller à la salle de sport. Même chose pour les coiffeurs, les salons de beauté, pour les événements réunissant en extérieur plus de 2000 personnes et pour les fêtes privées, en intérieur avec plus de 20 personnes.

Dans le quartier de Friedrichshain, connu pour ses nombreux bars, restaurants et clubs, la mesure contrarie peu. «Cette règle ne va rien changer à mes habitudes car je suis déjà vaccinée», lance Hanna, une trentenaire s’apprêtant à aller déjeuner dans un restaurant. «Je préfère cette règle à un nouveau confinement. Je pense que nous avons été trop souples ces derniers temps», ajoute la jeune femme. Dans le restaurant vietnamien nommé 1990, régulièrement bondé, on se plie aussi à la règle. «Nous craignons bien sûr une baisse du chiffre d’affaires mais c’est beaucoup mieux que de devoir complètement fermer!» explique la gérante. «Nous contrôlons les pass sanitaires. Et les clients, dans leur grande majorité, sont compréhensifs», ajoute-t-elle.

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Prise la semaine dernière par les autorités régionales, cette mesure vise à enrayer la quatrième vague de la pandémie qui s’abat sur la capitale, comme sur l’ensemble du pays. A Berlin, le taux d’incidence de la maladie dépassait, ce lundi, la barre des 300 nouveaux cas pour 100 000 habitants sur une semaine. Début octobre, il atteignait à peine 80. Si la situation est préoccupante dans les écoles, où les élèves sont testés deux fois par semaine, elle est particulièrement tendue dans les services de soins intensifs, comme à l’hôpital de la Charité qui accueille les cas les plus graves de covid et qui reporte depuis une semaine les opérations courantes.

Convaincre les réticents


Avec cette règle des 2G, les autorités berlinoises cherchent à limiter les infections mais aussi à convaincre les réticents de se faire vacciner. Au niveau national, 16 millions d’Allemands, soit 30% de la population n’ont toujours pas reçu de première dose. La pression aura-t-elle des effets? En Saxe où la règle des 2G est en place depuis une semaine et où le taux de vaccination est le deuxième plus bas du pays, les centres de vaccination constatent un afflux de personnes non vaccinées.

Encore limitée à quelques régions, cette mesure reçoit en tout cas le soutien de 65% de la population, selon un sondage publié ce lundi. Quelque 75% des Allemands approuvent aussi l’annulation des grands rassemblements, si besoin. Des chiffres en nette hausse depuis deux semaines. Quant à l’obligation vaccinale, elle est désormais soutenue par 71% des Allemands pour le personnel soignant. «J’espère que cette mesure viendra», confirme Timo, un jeune père de famille, ostéopathe, attablé dans un café berlinois. «C’est la seule solution pour éviter les catastrophes dans les maisons de retraite», explique-t-il. Très polémique, cette idée encore récemment rejetée par les sociaux-démocrates, les écologistes et les libéraux, trois partis politiques qui tentent de former un gouvernement, est désormais étudiée. Un tabou est peut-être en train de se briser.

En attendant, la pandémie replace aussi la Bundeswehr au centre du jeu. Douze mille soldats pourraient être de nouveau rappelés en renfort d’ici à Noël pour venir en aide aux autorités sanitaires régionales.