Le chef de la diplomatie allemande, Sigmar Gabriel, a estimé lundi que les actions du président américain Donald Trump avaient «affaibli» l’Occident et accusé la politique des Etats-Unis d'être contraire «aux intérêts de l'Union européenne».

«Les Etats-Unis (...) jugent qu'imposer les intérêts nationaux est plus important que l'ordre international», a déploré M. Gabriel, «la politique à courte vue du gouvernement américain est contraire aux intérêts de l'Union européenne», a-t-il ajouté citant notamment la question du climat et des ventes d'armes au Moyen-Orient.

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La semaine dernière, Berlin avait insisté sur la nécessité pour l'Europe de se renforcer. 

 Angela Merkel aussi déçue

De son côté, la chancelière allemande Angela Merkel a qualifié de «quasiment révolue» l'époque où la confiance prévalait, dans une apparente allusion à la relation entre l'Europe et les Etats-Unis, mise à rude épreuve lors du voyage en Europe du président américain Donald Trump.

«L'époque où nous pouvions entièrement compter les uns sur les autres est quasiment révolue. C'est mon expérience de ces derniers jours», a dit Mme Merkel lors d'un meeting à Munich, dans le Sud de l'Allemagne.

«Nous, Européens, devons prendre notre destin en main», a-t-elle ajouté. «Nous devons nous battre pour notre propre destin», a poursuivi la cheffe du gouvernement allemand, selon qui les relations avec le président français Emmanuel Macron doivent être d'autant plus étroites.

Angela Merkel s'exprimait dans la capitale bavaroise au lendemain d'un sommet du G7 (Allemagne, France, Italie, Japon, Canada, Etats-Unis, Royaume-Uni) à Taormina, en Italie, où l'unité des sept pays parmi les plus riches du monde s'est brisée face à un Donald Trump refusant de s'engager en faveur de l'accord de Paris contre le réchauffement climatique.

La chancelière allemande avait d'ailleurs jugé de «pas du tout satisfaisantes» les discussions sur le climat de vendredi et samedi, menées «dans une situation de six contre un».

Lors de ses rencontres avec les dirigeants de l'UE à Bruxelles, Donald Trump s'en était aussi pris aux «mauvais» Allemands, à qui il a reproché de vendre trop de voitures aux Etats-Unis.